HUDERF: Les trois médecins acquittés en appel se disent soulagés
Les trois chirurgiens pédiatriques de l'Huderf (Hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola), acquittés par la cour d'appel de Bruxelles mercredi, ont exprimé leur grand soulagement au terme du prononcé. Ils étaient prévenus de coups et blessures volontaires sur mineurs, suspectés d'avoir opéré des nourrissons et de jeunes enfants inutilement. "Je ressens avant tout un grand soulagement", a confié le Docteur Marc-Henri D., l'ancien chef de chirurgie de l'Huferf, aujourd'hui pensionné, après avoir entendu la cour prononcer son acquittement.
"Mais je suis aussi et surtout très content que la cour se soit intéressée aux enfants et à leur santé. Elle a retenu que notre but avait été de les soigner, de leur venir en aide. Je suis très reconnaissant envers la cour", a-t-il ajouté.
"La cour a clairement dit qu'il n'y avait aucune preuve que les médecins avaient agi dans un autre but que thérapeutique. Cet arrêt est très important parce qu'il restaure la confiance des patients envers l'hôpital. En première instance, c'était tout de même la première fois qu'un juge affirmait que des médecins opéraient sans raison. Ici, la cour a compris qu'il ne pouvait pas y avoir d'autre but que thérapeutique", a commenté également Me Michèle Hirsch, l'avocate du docteur Marc-Henri D.
Du côté des parties civiles, c'est l'incompréhension qui domine. "C'est un peu difficile pour mes clients de comprendre l'arrêt rendu puisque des collèges de médecins désignés pendant l'enquête avaient estimé que pour certains cas, l'opération avait été inutile. La cour a considéré que les questions qu'on s'était posé étaient légitimes, certes, mais qu'on ne pouvait pas imaginer que les opérations avaient été réalisées dans un autre but que celui de soigner. La cour dit qu'il n'y a pas la preuve du contraire", a pour sa part commenté l'avocat de la partie civile, Me André Risopoulos, qui représentait environ cinq familles de patients.
La cour d'appel de Bruxelles a acquitté, mercredi, les docteurs Marc-Henri D., Chantal L. et Martine D., des chefs de coups et blessures volontaires sur mineurs et de faux.
Elle a insisté sur le but thérapeutique poursuivi par les médecins, tout en précisant que la santé des patients s'était améliorée à la suite des interventions chirurgicales et que les cas avaient été discutés entre différents médecins avant les opérations. Il apparaissait, selon la cour, que les médecins avaient agi de manière proportionnée et raisonnable.
Il était reproché aux prévenus d'avoir opéré inutilement certains enfants pour malrotation, un défaut dans le développement des intestins, mais également d'avoir dressé des protocoles opératoires sans y mentionner toutes les informations.
L'affaire a éclaté il y a un peu plus de dix ans après qu'un radiologue de l'Huderf eut communiqué un rapport selon lequel, entre 1998 et 2001, 229 enfants avaient été opérés pour malrotation dans cet hôpital, soit quatre à huit fois plus qu'ailleurs.
En première instance, en décembre 2011, les trois médecins avaient été condamnés à des peines de 6 à 10 mois de prison avec sursis. Ils avaient été acquittés partiellement, au bénéfice du doute, pour certains cas.
Les chirurgiens sont désormais acquittés de toutes les préventions.