Euthanasie: "Nous regrettons le chantage émotionnel"
Les partisans de l'élargissement de l'euthanasie aux mineurs ont regretté "le chantage émotionnel" des opposants à la loi, mercredi, lors d'une conférence de presse. Le Dr. Gerlant Van Berlaer redoute en effet que les discussions ne dégénèrent après plus de dix ans de débat serein.
Un groupe de 160 pédiatres a transmis mardi une lettre au président de la Chambre André Flahaut dans laquelle ils demandent aux responsables politiques de ne pas voter ce projet de loi durant cette législature.
Le Dr. Van Berlaer et le cancérologue pour enfants Jutte van der Werf ten Bosch ont réagi au nom de leurs collègues indignés par cette "démarche". "Pour que les choses soient claires. Il y a en Belgique 1.600 pédiatres et 400 médecins en formation, ce qui signifie que plus de 1.000 médecins n'ont pas signé la pétition", a précisé le Dr. Van Berlaer.
Ces pédiatres s'interrogent également sur le timing de la lettre, remise au président de la Chambre la veille de la séance plénière et deux jours avant le vote. "Ils nous reprochent de vouloir faire passer la loi rapidement. Mais il y a déjà eu plus de 30 auditions, où étaient-ils à ce moment-là? ", s'interroge le médecin. "Nous tenons à rassurer la population, nous n'avons pas pris cette décision en une nuit."
Les partisans de l'élargissement de l'euthanasie se réfèrent également à la loi de 2002 sur les droits des patients. "Selon cette loi, chaque Belge, quel que soit son âge, peut refuser tous les traitements, y compris les thérapies vitales", ajoute le Dr. Distelmans. Tout comme son collègue, il juge l'argumentation des opposants "intellectuellement malhonnête" et considère la pétition comme une ultime convulsion.