En direct de L'ICS 2014 : Un avantage méconnu de la grossesse...chez la souris !
Un poster proposé aux quelques 4.600 congressistes réunis à San Diego du 11 au 14 février à l'occasion de l'International Stroke Congres laisse entrevoir la possibilité d'une prévention des AVC chez les femmes.
Au cours de la grossesse, un certain nombre de cellules du foetus passent dans la circulation sanguine maternelle et quelques unes d'entre elles peuvent y subsister pendant plusieurs années (cellules microchimériques) dans diverses localisations du corps, dont la moelle osseuse et le cerveau.
A partir d'expériences menées chez des souris, une équipe américaine (A Patel et al. Feto-maternal microchimerism in ischemic brain injury #MP43) a pu montrer que des cellules foetales persistantes initialement nichées dans la moelle osseuse pouvaient être détectées dans la circulation maternelle après provocation d'un AVC ischémique et qu'elles avaient un phénotype de cellules souches hématopoïétiques.
Sous l'influence probable des phénomènes et signaux inflammatoires liés à l'ischémie, il y a recrutement de ces cellules qui se dirigent alors vers la partie du cerveau atteinte où, endéans un délai de 30 jours, elles acquièrent un phénotype de cellules endothéliales et participent à la réparation tissulaire, en particulier en favorisant une néo-angiogenèse, potentiellement source de revascularisation de la zone ischémique.
Ces premiers résultats suggèrent que ces cellules foetales persistances pourraient jouer un rôle important dans la récupération fonctionnelle post-AVC. Très optimistes, les investigateurs avancent même que l'élucidation des mécanismes intimes en jeu contribuera à mieux comprendre les réactions du cerveau féminin aux dégâts engendrés par l'ischémie et qu'en agissant sur ces mécanismes, il sera peut-être un jour possible de faire intervenir ces cellules foetales persistantes avant la survenue d'un AVC chez les femmes à risque.
Reste quand même que de la souris à la femme...