La sensibilité à la douleur liée au mode de vie et à l'environnement
Pourquoi une même lésion provoque-t-elle des douleurs d'intensités extrêmement variables d'un individu à l'autre ? L'explication purement génétique est tentante. Mais une étude réalisée par une équipe internationale vient de montrer que la sensibilité à la douleur peut être altérée par le mode de vie et l'environnement d'une personne tout au long de sa vie.
Les chercheurs ont évalué la résistance de centaines de paires de vrais jumeaux à la chaleur d'un laser sur la peau du bras, un test de douleur standard. Ils ont ensuite sélectionné 25 paires classées comme à faible seuil ou à seuil élevé de douleur sur la base du test et ils ont séquencé leur ADN et celui de 50 autres personnes témoins, sans aucun lien de parenté.
L'analyse révèle que les participants à " faible seuil " présentent une expression réduite ou méthylation de certains gènes situés dans neuf régions de leur ADN, des gènes connus pour leur implication dans la sensibilité à la douleur, en particulier le gène TRPA1. Chez certains jumeaux, ce gène était comme éteint, c'est-à-dire présent dans le génome mais non exprimé, tandis que chez leur frère ou leur soeur, il était particulièrement exprimé.
Comme les vrais jumeaux possèdent un patrimoine génétique parfaitement identique, la variation de la sensibilité à la douleur ne peut être attribuée qu'à des différences épigénétiques, affirment les auteurs.
(référence : Nature Communications, 4 février 2014, doi:10.1038/ncomms3978)