Le racisme ferait vieillir précocement ses victimes
Peut-on mesurer l'impact biologique subi par les victimes de discriminations raciales ? La question peut paraître incongrue et les chercheurs de l'université du Maryland ne prétendent d'ailleurs pas y apporter une réponse stricte et définitive. Ils ont néanmoins voulu lancer le débat car ils ont constaté qu'aux États-Unis, les hommes d'origine africaine sont davantage frappés par des maladies graves, notamment celles liées à l'âge, et que leur espérance de vie s'en ressent fortement: 69,7 ans pour les hommes noirs contre 75,7 ans pour leurs homologues blancs.
Les auteurs de l'étude ont sélectionné un petit panel de 92 Afro-Américains âgés de 30 à 50 ans, en bonne santé et issus de milieux divers, et ils ont porté leur attention sur la longueur de leurs télomères, les extrémités des chromosomes qui protègent l'ADN des cellules. Ces télomères sont un bon indicateur de l'âge physiologique, puisque leur raccourcissement est associé à un risque accru de maladies liées à l'âge comme l'arthrose ou l'Alzheimer.
Les volontaires ont également été interrogés sur leur quotidien, en particulier les discriminations et les actes de racisme qu'ils ont éventuellement subis.
L'expérience a mis en évidence une corrélation entre des télomères plus court et une " exposition " au racisme mais uniquement chez les personnes qui tiennent en mauvaise estime leur groupe ethnique.
(référence : American Journal of Preventive Medicine, février 2014, doi:10.1016/j.amepre.2013.10.020)