Tumeurs rares et complexes : "Attention au mille-feuilles"
Le KCE dans son dernier rapport a raison de conclure qu'un ou deux centres pour gérer les tumeurs cancéreuses rares, c'est suffisant. Mais il faut pour cela une large consultation préalable. Les soins concernant ces tumeurs demandent une actualisation des programmes oncologiques existants, affirme le Collegium Chirurgicum.
Le Collegium Chirurgicum (CC) réagit au rapport du KCE publié fin de semaine dernière et qui porte sur les tumeurs complexes. Le CC trouve d'emblée le rapport intéressant. D'autant qu'il est basé sur une consultation d'experts et de parties prenantes. Mais il juge la consultation pas suffisamment large.
Ainsi, le Collegium doute que les hôpitaux non-universitaires consultés aient été suffisamment représentés. Il y a eu de nombreuses plaintes émanant des " indicateurs de tendance " dans les gros centres non-universitaires. Ils n'ont participé en aucune manière aux groupes de discussion qui ont nourri le rapport. Selon le Collegium, la voix de ces gros acteurs de l'oncologie n'a pas été suffisamment écoutée.
Or il faut être prudent. Le rapport parle des 9% de toutes les tumeurs malignes : 3% de tumeurs rares et 6% qui nécessitent un traitement complexe. Mais il s'agit de près du tiers de tout le travail clinique en oncologie. Revoir notre approche en la matière ne doit pas faire l'impasse sur des expertises couteuses. Il faut éviter que les patients soient éclatés d'un centre à l'autre car cela débouche sur de la surconsommation.
Ces tumeur, dès lors qu'elles concernent cinq cas pour 100.000 personnes par an, doivent être gérées par quelques experts ad hoc. Une liste doit être faite et évaluée. Dans une Belgique régionalisée, il faut aussi éviter le mille-feuille.
Quant aux tumeurs complexes, ce n'est pas tant le volume qui est pertinent mais l'encadrement : beaucoup d'hôpitaux belges ont acquis un know-how considérable. Ils doivent pouvoir collaborer avec lesdits centres, les experts doivent pouvoir être échangés et les patients se faire soigner à différents endroits en fonction de la partie du traitement à considérer.
Enfin, le Collegium propose d'actualiser en premier lieu des programmes de soins oncologiques. Des normes strictes sont nécessaires ainsi qu'un monitoring permanent des résultats.