Des nanomoteurs placés et contrôlés dans des cellules humaines
Des scientifiques de l'Université de Pennsylvanie ont développé un nanomoteur métallique, constitué d'or et de ruthénium, en forme de capsule ou de roquette, et ils ont surtout réussi à le propulser avec des ultrasons puis à l'orienter, grâce à des champs magnétiques, vers une cellule humaine vivante dans laquelle il s'est inséré. Une première.
Certes, ce n'est pas encore le " Voyage fantastique " mais on s'en rapproche à grands pas, avec cette machine moléculaire dont la taille se mesure en milliardièmes de mètre.
Le Pr Tom Mallouk et ses collègues ont également démontré qu'en augmentant les ultrasons, leurs appareils peuvent brasser le milieu cellulaire ou se projeter contre la membrane cellulaire, provoquant ainsi sa rupture. Et le système est assez fin pour que les chercheurs dirigent différents nanomoteurs de manière indépendante au sein d'une même cellule, permettant ainsi de réellement construire une action ciblée intracellulaire, soit pour traiter la cellule, soit pour la détruire.
De telles fonctions peuvent se révéler particulièrement utiles dans des applications thérapeutiques, notamment lorsqu'il s'agit de cellules cancéreuses. Cette percée représente aussi une étape supplémentaire vers la création de véhicules moléculaires qui pourront, par exemple, être utilisés pour libérer des médicaments à des endroits spécifiques du corps. Une telle capacité permettra de renforcer les effets bénéfiques d'un traitement et d'en limiter les effets néfastes.
(référence : Angewandte Chemie International Edition, 12 février 2014, DOI: 10.1002/ange.201309629)