Le don de soi n'est pas sans risque...
La transplantation rénale sauve des vies, mais quel est le danger réel pour l'individu qui réalise le don d'un de ses reins ?...
1954 a marqué un tournant dans la prise en charge des patients souffrant d'un rein terminal grâce à la réussite de la première transplantation d'un rein d'un donneur vivant. Il s'agissait d'un homme de 23 ans donnant un de ses reins à son jumeau. Le donneur a vécu jusque 81 ans. Toutefois, peu d'études se sont intéressé au devenir réel des donneurs vivants. C'est pourquoi une équipe américaine a mené une analyse à ce sujet comparant la survie des donneurs non seulement par rapport à la population générale potentiellement à haut risque de maladies rénales, mais aussi par rapport à une population screenée et saine concernant ces maladies. La cohorte a été reprise à partir des registres américains des donneurs de rein entre 1994 et 2011 reprenant 96217 donneurs. La comparaison a été réalisée sur 20.004 participants à l'étude NHANES III (Third National Health and Nutrition Examination Survey). Le suivi maximal a été de 15 ans et le suivi médian de 7,6 ans pour les donneurs et de 15 ans pour les non-donneurs.
Parmi les donneurs, 99 individus ont développé une maladie rénale terminale avec une moyenne de 8,6 ans après le don. Chez les non-donneurs corrélés au point de vue démographique avec les donneurs, il y a eu 36 cas en 10,7 ans de suivi. Le risque estimé de développer cette maladie à 15 ans est de 30,8 pour 10.000 donneurs comparativement à 3,9 pour 10.000 non-donneurs sains (p<0,001). Cette différence a été observée autant chez les Caucasiens que chez les Africains-Américains. Chez les premiers, le risque est de 22,7 versus 0 et, chez les seconds de 74,7 versus 23,9. Le risque sur le temps de vie restant est globalement de 90 pour 10.000 chez les donneurs, de 326 pour 10.000 dans la population générale et de 14 pour 10.000 chez les non-donneurs sains.
En conclusion, les auteurs estiment que le don d'un rein augmente le risque de développer une maladie rénale terminale de la part du donneur. Cependant, ils insistent pour dire que le risque absolu est faible ! Toutefois, ces données permettront de mieux informer les personnes susceptibles de faire un don.