Apnées du sommeil et nycturies : quel est le rapport entre les deux ?
La nycturie est une plainte fréquente des patients souffrant de troubles prostatiques ; néanmoins il n'y a pas que la prostate qui peut jouer un rôle dans ces besoins nocturnes d'uriner.
Rappelons que la nycturie est la nécessité d'uriner durant la nuit une ou plusieurs fois et suivie par un réendormissement. Si le patient reste éveillé, cet épisode est considéré comme la première miction diurne. Parmi les autres causes possibles de nycturies, les apnées du sommeil sont souvent évoquées. Cependant, le mécanisme n'est pas tout à fait bien compris. On a mis en cause le peptide natriurétique humain. Une équipe californienne a inclus dans une étude 200 patients avec des apnées obstructives durant le sommeil (OSA) dans deux groupes : l'un sans nycturie (goupe 1 ; n=100) et l'autre avec nycturie (groupe 2 ; n=100).
Le nombre médian de nycturies dans le groupe 2 a été de 2,2 par nuit. Les patients étaient plus jeunes dans le groupe 1. Le BMI moyen était similaire dans les deux groupes, mais il y avait plus de patients en surpoids dans le groupe 2 que dans le groupe 1 (28% vs 18%). L'index d'Apnées-hypopnées ainsi que l'âge supérieur à 70 ans étaient des facteurs prédictifs significatifs de nycturies. Ce sont donc deux facteurs facilement identifiables. Les auteurs proposent donc d'incorporer les nycturies dans le bilan d'un patient souffrant d'apnées du sommeil. A l'inverse, cela pourrait aussi suggérer que, chez des patients présentant une nycturie, on les interroge, eux ou mieux leur conjoint, sur la présence de ronflements ou d'apnées du sommeil. Cependant, les auteurs ne répondent pas encore à la question des mécanismes intimes impliqués...