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Un modèle pronostique convivial pour le cancer de la prostate

Dans la mesure où les cancers prostatiques à haut risque constituent un groupe de tumeurs très hétérogène, il est nécessaire de s'accorder clairement sur la définition des différentes sous-catégories afin de pouvoir mieux évaluer le pronostic et les chances de survie des patients qui en sont atteints. Des chercheurs de l'European Multicenter Prostate Cancer Clinical and Translational Research Group (EMPaCT) ont exposé récemment dans la revue European Urology le développement d'un modèle pronostique reposant sur trois sous-groupes distincts.

18 février 2014

L'équipe de recherche européenne s'est basée sur une combinaison de facteurs de risque pour développer un modèle pronostique de la survie chez les personnes atteintes d'une tumeur de la prostate. Leur étude de cohorte rétrospective multicentrique portait sur les données de 1.360 patients consécutifs ayant bénéficié d'une prostatectomie radicale rétro-pubienne avec lymphadénectomie pelvienne en traitement d'un cancer prostatique à haut risque, collectées dans 8 centres européens à haut volume d'activité.

Les chercheurs ont utilisé deux modèles de régression multivariés de Cox pour prédire la survie spécifique du cancer de la prostate en fonction d'une dichotomisation de facteurs prédictifs tels que le stade clinique ( 20 ng/ml).

Leur premier modèle, plus détaillé, comprenait l'ensemble des sept combinaisons de facteurs de risque possibles. Le second, simplifié, se bornait à distinguer trois sous-groupes : un groupe de bon pronostic (un seul facteur de risque important), un groupe de pronostic moyen (PSA > 20 ng/ml et stade cT3-4) et enfin un groupe de mauvais pronostic (score de Gleason 8-10 + au moins un autre facteur de risque majeur).

Les chercheurs ont ensuite comparé la précision des prédictions obtenues au moyen des deux modèles, ainsi que les estimations en termes de survie et d'issue clinique relevées dans les trois sous-groupes du modèle simplifié.

Ce dernier a débouché sur un R² de 33% avec une aire sous la courbe (ASC) à cinq ans de 0,70 - des résultats comparables, en termes de précision, à ceux du modèle plus détaillé (R² de 34%, ASC de 0,71).

La survie spécifique du cancer de la prostate à 5 et 10 ans s'élevait à 98,7% et 95,4% dans le groupe de bon pronostic, 96,5% et 88,3% dans le groupe de pronostic moyen et 88,8% et 79,7% dans le groupe de mauvais pronostic (p = 0,0003).

En termes de survie globale, de survie sans progression clinique et d'issue histopathologique, les chercheurs ont observé une aggravation progressive significative en fonction du pronostic dans les trois sous-groupes.

D'après les auteurs, ce modèle constitue donc un système de stratification " intuitif et convivial " qui permet de répartir en trois groupes pronostiques les patients atteints d'une tumeur prostatique à haut risque. Ils y voient en outre un outil extrêmement utile pour la prise en charge et la prise de décision préalable à la mise en place du traitement.

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