" Smartnomination " , la riposte intelligente au jeu de biture " neknomination "
Sur les réseaux sociaux, comme sur la Toile en général, le meilleur côtoie le pire. Commençons par le pire : la " neknomination ", une variante du binge drinking (beuverie express), qui fait fureur depuis quelques semaines chez les adolescent(e)s.
Le principe est simple : une personne se filme en train de boire des verres d'alcool d'une traite (d'où le nom de ce jeu, " nek " faisant référence à " neck it " qui signifie cul-sec en argot anglais) et, avant de clôturer la vidéo, elle désigne (nomination) trois amis qui ont 24 heures pour relever le même défi, et ainsi de suite.
Venu d'Australie, de l'Université de Scotch (ça ne s'invente pas!), ce phénomène idiot s'est répandu comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux. On pourrait presque en rire s'il n'avait malheureusement déjà fait au moins cinq victimes en Grande-Bretagne et en Irlande.
Très dangereux pour la santé, ce " jeu " pousse les jeunes à la surenchère, certains étant même nominés plusieurs fois sur une journée. Avides d'épater la galerie et de pimenter leur défi, les participants ont tendance à ingérer une énorme quantité d'alcool, et à se mettre en scène dans des situations parfois très scabreuses. De telles dérives peuvent entraîner des comas éthyliques, voire la mort.
Mais venons-en au meilleur : la " smartnomination ", comprenez la nomination intelligente. Alors que les autorités, parents et médecins multiplient les mises en garde, un jeune Bordelais de 23 ans a osé bloquer la chaine et à en créer une nouvelle, vertueuse celle-là, en prenant, de manière subtile, le contre-pied de la " neknomination ".
Désigné par un de ses amis, Julien Voisin a en effet choisi de détourner les règles du jeu pour le transformer en une bonne action. Au lieu de boire de l'alcool, dans sa vidéo, on le voit acheter des hamburgers et des bouteilles d'eau à des sans-abris puis " nominer " à son tour trois amis pour qu'ils réalisent un défi utile et solidaire dans les 24 heures.
Cette belle initiative a valu à son auteur une avalanche de commentaires positifs sur les réseaux sociaux. Très vite d'autres l'ont effectivement imité et le contre-buzz est devenu une réussite. Heureusement...