Les ados avec un trouble mental majeur sont plus susceptibles de tomber enceinte
Pour établir ce constat, les scientifiques du Women's College Hospital à Toronto ont examiné les taux de natalité dans l'Ontario de près de 4,5 millions de jeunes filles âgées de 15 à 19 ans, sur une période de dix ans, de 1999 à 2009.
Ces taux se sont révélés trois fois plus élevés chez celles qui souffraient de troubles bipolaires, de schizophrénie et de dépression.
Cette étude n'établit pas de lien direct entre santé mentale et grossesse chez les adolescentes. Mais son auteure principale, la psychiatre Simone Vigod, avance tout de même une explication. " Le milieu social modeste, le fait d'habiter une région rurale, le manque d'estime de soi, l'impulsivité, l'abus d'alcool et de drogues et le fait d'être déjà maman d'un enfant sont autant de facteurs de risque pour une grossesse pendant l'adolescence. Et il y a de fortes chances que les jeunes filles souffrant de troubles mentaux soient plus susceptibles d'avoir ce genre de problèmes sociaux ou liés à leur personnalité. "
Déplorant le fait que la problématique des pathologies mentales ne soit pas assez prise en considération dans la plupart des pays développés, la spécialiste canadienne insiste sur l'importance d'offrir des programmes spéciaux de prévention de la grossesse aux adolescentes les plus vulnérables.
(référence : Pediatrics, 10 février 2014, doi: 10.1542/peds.2013-1761)