Personnes âgées : la solitude deux fois plus dangereuse que l'obésité
Selon des chercheurs de l'Université de Chicago, se sentir couper des autres serait un facteur de risque majeur pour la santé, comparable à un statut social défavorisé.
Le Pr John Cacioppo, psychologue social, qui s'intéresse à l'impact sanitaire de la solitude depuis près de 20 ans, et son équipe, ont mené une étude sur une durée de six ans auprès de 2.000 hommes et femmes âgés de plus de 50 ans.
Fondée sur l'imagerie fonctionnelle par résonance magnétique, cette étude montre que le sentiment de rejet ou d'isolement perturbe non seulement les capacités cognitives, la volonté et la persévérance, mais aussi les processus cellulaires clés du corps humain.
Ce sentiment peut générer des troubles du sommeil, une moindre fluidité de l'écoulement du sang à travers le système cardio-vasculaire, une tension artérielle élevée, et des pics matinaux de cortisol, l'hormone du stress, mais il peut aussi altérer l'expression des gènes dans les cellules immunitaires, accroître la dépression, accélérer la maladie d'Alzheimer et diminuer la sensation de bien-être.
Au total, le sentiment de solitude augmenterait le risque de décès prématuré de 14% chez les personnes âgées, soit deux fois plus que l'obésité.
" Ce n'est pas le fait de vivre seul, mais vraiment la sensation subjective d'isolement qui a des conséquences dramatiques sur la santé ", précise encore le Pr Caccioppo, qui plaide pour un maintien des personnes en fin de vie à proximité de leur famille, amis ou anciens collègues de travail.
(référence : The Independent, 16 février 2014)