Paralysie : un singe actionne le bras d'un autre par la pensée
Une équipe états-unienne de l'Université Cornell et de la Harvard Medical School est parvenue à appareiller un singe de telle sorte qu'il puisse commander par la pensée le bras d'un de ses congénères provisoirement paralysé.
Cette expérience s'inscrit dans le prolongement de celles qui avaient permis, en 2012, à une femme devenue tétraplégique à la suite d'un AVC de commander par la pensée un bras articulé et, en 2013, à un singe rhésus, partiellement paralysé d'un bras, de retrouver une dextérité manuelle.
Cette fois, les scientifiques sont allés encore plus loin. Ils ont placé un singe dit " maître " devant un écran d'ordinateur, en lui confiant une mission ardue : traquer une cible en guidant un curseur à l'intérieur d'un cercle vert mobile.
Pour l'aider, les chercheurs ont permis à ce singe d'utiliser ses ondes cérébrales de manière à ce qu'il puisse contrôler, via des électrodes placées dans son cerveau, le mouvement de la main d'un autre singe, dit " esclave ", provisoirement paralysé avec des anesthésiants.
Les électrodes du " maître " étaient reliées à un autre ordinateur capable de transformer les informations reçues en messages électriques utilisables par les neurones. De là, les messages étaient envoyés à d'autres électrodes implantées entre les vertèbres C5 et C6 de la moelle épinière de l'" esclave " dont le bras paralysé était accroché à une manette, elle-même connectée à l'ordinateur avec le curseur et le cercle.
Le résultat est prodigieux : grâce à la pensée, le " maître " a pu diriger le bras paralysé et contrôler les mouvements du curseur sur l'écran.
Pour démontrer l'efficacité de leur méthode, les chercheurs ont ensuite inversé les rôles des deux primates, le maître devenant le disciple, et inversement. Dans 84% des cas, la transmission des ordres par la pensée a été un succès !
Ce résultat encourageant devrait redonner de l'espoir aux nombreuses personnes paralysées à la suite d'une lésion de la moelle épinière, d'un AVC ou de troubles neuromusculaires.
http://www.nature.com/ncomms/2014/140218/ncomms4237/full/ncomms4237.html