De quoi faut-il se méfier le plus chez les diabétiques de type 2 âgés
L'âge et la durée du diabète influencent indépendamment la morbi-mortalité des diabétiques de type 2 de 60 ans et plus. Hypoglycémies et complications cardiovasculaires, en particulier coronariennes, sont les plus à redouter.
L'accroissement de la population de diabétiques de type 2 de sujets âgés de plus de 60 ans est inéluctable en raison de l'augmentation de l'espérance de vie et de l'épidémie mondiale d'obésité. Afin de guider la rédaction de recommandations thérapeutiques, d'identifier les priorités de recherche, d'orienter l'attribution des ressources et de faciliter la prise de décisions politiques, une équipe américaine a entrepris de caractériser l'évolution clinique contemporaine du diabète en répertoriant l'incidence des événements (complications et décès) en fonction des tranches d'âge des patients (60-69, 70-79, ? 80 ans) et de la durée du diabète (0-9 ans, ? 10 ans).
Les investigateurs ont utilisé pour ce faire la cohorte de la Diabetes and Aging Sudy, riche des données de 72.310 diabétiques de type 2 de plus de 60 ans inscrits dans un système de prestation de soins de santé intégrés (Kaiser Permanente). Ils rapportent que lorsque le diabète est présent depuis moins de 10 ans les deux principales manifestations répertoriées sont les complications cardiovasculaires (atteinte coronaire, cérébrale ou défaillance cardiaque) et les hypoglycémies avec par exemple des incidences respectives de 11,47 et 5,03 par 1000 sujets-années pour la tranche d'âge 70-79 ans. La tendance est la même lorsque le diabète dure depuis 10 ans ou plus, mais avec des incidences revues à la hausse (18,98 pour les seuls événements coronaires et 15,88 pour les hypoglycémies). Cette tendance à l'augmentation d'incidence des événements est retrouvée pour toutes les tranches d'âge.
Ce travail montre également que pour une durée déterminée de diabète, l'incidence des hypoglycémies, des complications cardiovasculaires et de mortalité augmente avec l'âge, alors que les taux de complications microvasculaires (insuffisance rénale, rétinopathie) et amputation restent stables ou diminuent.