Hépatite C en Belgique : éradication ou doublement du nombre de cas ?
A politique inchangée, le nombre de cas d'hépatite C va doubler en Belgique d'ici 2030. Toutefois, d'ici-là, si les nouveaux agents antiviraux directs (DAA) sont utilisés de manière adéquate et si le taux de traitement des personnes infectées par le virus de cette affection (VHC) est augmenté, ce nombre pourrait tout aussi bien être réduit de moitié. Une éradication de la maladie est même envisageable.
Telle est la conclusion d'une étude du Belgian HCV Working Group, constitué de spécialistes des maladies hépatiques de différents hôpitaux et universités belges.
On estime qu'en Belgique, plus de 70.000 personnes sont porteuses du VHC, mais que la moitié d'entre elles ignorent qu'elles sont infectées parce qu'elle se sentent souvent en parfaite santé et peuvent vivre 10 à 20 ans avec la maladie sans en développer les symptômes.
L'ignorance de ces patients a des effets désastreux. N'étant pas traités, ils peuvent transmettre le VHC qui continue de se répandre. Selon le Belgian HCV Working Group, des investissements doivent donc impérativement avoir lieu au niveau de l'information du corps médical et du grand public, qui ne recourt pas suffisamment au dépistage alors qu'une simple prise de sang suffit.
Si une prise en charge précoce pourrait déjà améliorer considérablement la situation, l'éradication de la maladie passe aussi par une amélioration des traitements. C'est pourquoi, le même groupement plaide aussi pour le remboursement au patient des traitements à base de nouveaux DAA, plus coûteux.
" Les DAA de deuxième génération, qui devraient arriver sur le marché belge fin 2014 ou début 2015, ont l'avantage de permettre un traitement plus court - de 12 à 24 semaines -, plus efficace - avec un taux d'éradication du virus de 85 à 90% -, plus complet - ces DAA agissent sur des VHC de plusieurs génotypes -, et moins pénible que les thérapies actuelles ", assure le Dr Christophe Moreno, directeur clinique des maladies du foie à l'hôpital Erasme.
" Révolutionnaires, si ces thérapies deviennent accessibles, elles devraient permettre de réduire d'un tiers le nombre de nouvelles infections, et de moitié la mortalité liée à cette maladie, et même de l'éliminer un jour, " confirme le Pr Dominique Vandijck de l'Université de Gand. " Grâce à elles, notre système de santé réalisera de substantielles économies. "