DPP : bientôt pour les médecins ?
Le dossier pharmaceutique partagé (DPP) lancé mardi dernier par Frank Robben (e-Health) et par lequel chaque pharmacien enregistré a accès aux données pharmaceutiques du patient semble la logique même. Mais il a pourtant attendu jusqu'aujourd'hui pour être lancé. Le financement reste la grande question car en l'absence d'intervention des autorités, les pharmaciens devront investir sur leurs propres deniers. En outre, la question est de savoir quand le DPP sera accessible aux médecins.
Chaque pharmacien a, légalement, à sa disposition un dossier pharmaceutique lié au patient. Il contient tous les médicaments prescrits. Mais il peut également conserver d'autres informations pertinentes. Pensons aux allergies, aux médicaments OTC qui peuvent interférer avec d'autres médicaments. Le dossier pharmaceutique n'est donc pas un concept nouveau mais il était lié au pharmacien.
Or chaque patient ne va pas toujours à la même pharmacie. On sait bien qu'en raison des heures ouvrables, ce dernier fréquente également des apothicaires proches de son lieu de travail ou sur le chemin du travail. Sans oublier bien sûr les pharmacies de garde.
Dans le secteur de la santé, tout le monde est conscient de la complexité de l'usage du médicament et ce d'autant plus en ce qui concerne les cas de polymédication. Des erreurs ne sont pas rares. Des patients qui se voient prescrire un générique particulier par leur médecin traitant puis après une opération chirurgicale reviennent avec la prescription d'un médicament de marque risquent une surdose si le pharmacien n'a pas la possibilité de leur expliquer qu'il s'agit de la même substance active. Un patient peut aussi " cacher " à un pharmacien qu'il ne connait pas le fait qu'il est diabétique par exemple et se voit délivrer un sirop contre la toux sucré.
Autorisation explicite
Cet aléa est largement atténué avec le DPP. En effet, après accord explicite du patient, chaque officine publique a accès à son dossier pharmaceutique individuel via la puce de la carte d'identité. La ministre Onkelinx - qui a rehaussé la présentation du DPP de sa présence - a souligné que cette autorisation est indispensable. Un patient peut refuser en bloc ou exclure certaines pharmacies. Il peut également retirer son autorisation à tout moment.
Le DPP donne accès aux données de délivrance des médicaments dans toutes les pharmacies fréquentées mais ne fournit pas forcément des informations telles que les allergies. Mais selon Jan Depoorter de l'Association pharmaceutique belge, le pharmacien peut le déduire des médicaments prescrits.
Ne serait-ce pas intéressant que les médecins aient accès à ce DPP? " Certainement ", a répondu Laurette Onkelinx. Mais le DPP n'est qu'une partie de e-Health en plein développement...