Le MoDeS (Cartel) passe à l'offensive: "Changeons les acteurs!"
Fondé voici quelques mois, le Monde des Spécialistes (MoDeS, membre du Cartel) se lance, à son tour, dans la campagne. L'un de ses co-fondateurs, le gériatre Nicolas Berg, regrette l'absence de dialogue constructif entre les différents acteurs du monde médical. Une chose est sûre : s'il peine encore à faire entendre sa voix, le Petit Poucet semble ne pas craindre l'ogre absymien.
Dans le Journal du médecin paru ce vendredi, le Dr Berg constate que "la concertation est grippée". "Le dialogue et le débat n'existent plus. A la médico-mut par exemple, on assiste à des passes d'armes entre médecins et mutualités. Chacun pense pouvoir décider de tout, défend uniquement son beefsteak et oublie finalement pourquoi il est là : améliorer le quotidien des patients et celui des praticiens."
Malgré le grand nombre de sujets de première importance, le co-fondateur du MoDeS estime que le débat se résume aujourd'hui à une longue suite de conflits personnels. Et désigne un responsable: l'Absym. "Le comportement des représentants de l'Absym est pour le moins caricatural. Ils sont dans un état de conservatisme ambiant, sont prêts à tout pour maintenir des droits acquis. En oubliant d'en réclamer de nouveaux. Le monde bouge, certains semblent ne pas l'avoir remarqué."
Nicolas Berg dénonce notamment l'accueil réservé aux études des mutuelles. "Quand elles se présentent avec des chiffres et des enquêtes, même s'il convient d'observer tout cela d'un oeil critique, je pense qu'il faut tout de même prendre le temps d'analyser ce qu'elles avancent plutôt que de réfuter en bloc et d'attaquer comme des chiens affamés. Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. (...) Cette méfiance permanente, ces réactions excessives de certains à l'encontre des mutuelles, cela ne mène strictement à rien. Attention, il arrive aussi que des mutuellistes jouent le même triste jeu, usent et abusent des caricatures, des critiques gratuites, des attaques ad personam. Et je condamne tout aussi fermement ces attitudes. Mais je suis choqué lorsque j'entends, la semaine dernière, Marc Moens indiquer qu'il souhaite négocier préférentiellement avec les associations de patients plutôt qu'avec les mutuelles. Pour nous, ce n'est pas incompatible. Rencontrer les associations de patients, c'est une très bonne chose, ce sont des interlocuteurs importants. Mais ce n'est pas en excluant les autres partenaires de la concertation qu'on se concertera mieux.
Retrouvez l'intégralité de cet entretien dans nos éditions de ce vendredi...