Médecines alternatives : enfants non-admis ? (+sondage)

Faut-il interdire certaines médecines parallèles aux mineurs ? L'idée fait son chemin aux Pays-Bas. La Suède a déjà franchi le pas. Chez nous, nombreux sont ceux qui souhaitent, au minimum, un débat. Et vous, qu'en pensez-vous?
Pour " protéger les enfants ", la Vereniging ter Bestrijding van Kwakzalverij (" Association de lutte contre le charlatanisme "), institution néerlandaise fondée en 1881, proposait, voici quelques mois, d'interdire le recours à des médecines alternatives pour les moins de 12 ans. Nos voisins bataves ne sont pas les premiers à se pencher sur la question. En Suède, la loi sur l'administration de traitements complémentaires et alternatifs interdit aux " praticiens non-initiés " (tels les homéopathes) de traiter des enfants âgés de moins de 8 ans.
" Débat compliqué mais intéressant "
Côté belge, malgré les heures de débat consacrées aux médecines alternatives, une telle interdiction pour les enfants et adolescents n'a, semble-t-il, pas été évoquée. Le sujet paraît même n'avoir jamais été étudié. " Je dois bien l'avouer, je n'ai aucune idée du nombre d'enfants qui, en Belgique, sont amenés à consulter ces praticiens ", glisse le Pr Philippe Lepage, président de la Société belge de pédiatrie. " Mais je pense que ce nombre doit être relativement élevé. Le recours à l'homéopathie, notamment, est assez répandu, surtout dans les classes supérieures. "
Mais tant dans les travées de nos parlements que dans les rangs médicaux, nombreux sont ceux qui pensent que la Belgique est aujourd'hui prête pour ce débat. " C'est une question compliquée, certes, mais qui mérite d'être posée ", estime le Pr Lepage, par ailleurs chef du service pédiatrique de l'HUDERF. " Il faudrait avant tout savoir quelles sont les médecines 'non-conventionnelles' qui seraient concernées ? Certaines, comme l'ostéopathie, sont désormais bien encadrées, avec une formation sérieuse, des preuves scientifiques. A mes yeux, la question se poserait par contre pour l'homéopathie ou des pratiques s'apparentant à du charlatanisme. Mais il faudrait alors songer également au danger que ces traitements représentent pour les adultes. "
Président de la Société royale belge d'homéopathie, le Dr Jean Lansmanne ne l'entend évidemment pas de cette oreille. " Je ne comprendrais pas la logique d'une telle interdiction dans le cadre de l'homéopathie. Sur quelle base reposerait-elle ? Je soigne des bébés, des enfants tous les jours. L'homéopathie n'est pas dangereuse. Si vous pensez à ces médecins intégristes prétendant pouvoir soigner des cancers par des méthodes douteuses, je dis 'oui' car il y a là de véritables risques. Mais les médecins homéopathes ne sont pas intégristes. Si le remède homéopathique est inadéquat, il sera tout simplement inefficace : l'erreur se solde par une absence d'effets. "
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