L'hypocondrie, une maladie bien réelle

La sortie en salle de " Supercondriaque " (*), le nouveau film de Dany Boon et Kad Merad, qui raconte, avec humour, l'histoire d'un homme atteint d'hypocondrie, est l'occasion de revenir sur un mal complexe, souvent incompris, qui concernerait tout de même près d'une personne sur dix.
L'hypocondrie est une véritable maladie qui peut vite devenir cauchemarde tant pour ceux qui sont atteints que pour leurs proches. Elle se manifeste par une anxiété excessive pour tout ce qui touche à la santé et au fonctionnement du corps humain. Même en l'absence de tout signe ou symptôme, la conviction des patients d'être malade est la plus forte forte
Dans de nombreux cas, l'avis et le diagnostic d'un médecin ne suffisent pas à apaiser le patient, ce qui le pousse à consulter plusieurs spécialistes, à se documenter dans les revues, les livres, à multiplier les recherches sur les sites internet, les blogs et les forums, et à réaliser régulièrement des examens médicaux supplémentaires, de plus en plus sophistiqués qui, paradoxalement, peuvent devenir la source de nouvelles craintes. Dans les cas les plus sérieux, l'hypocondrie peut prendre une forme démentielle ou psychotique.
Le propre de l'hypocondriaque étant de ne jamais être rassuré, il n'est pas évident de trouver le bon traitement. Les spécialistes conseillent à l'entourage de rester calme, de faire preuve d'empathie sans être hyperprotecteur, d'amener l'intéressé à prendre conscience que son mal est d'ordre psychologique, d'essayer de lui changer les idées et de l'aider à trouver d'autres centres d'intérêt et d'autres sources de plaisir que la maladie et les consultations médicales.
Pour ce qui est d'une éventuelle thérapie, il convient de privilégier les approches qui permettent au patient de se réconcilier avec son corps : relaxation, massage, méditation, sophrologie, yoga... La thérapie cognitivo-comportementale a montré une bonne efficacité à limiter les angoisses et l'anxiété des hypocondriaques. Et si le trouble est trop important, des médicaments peuvent aussi être prescrits.
Quant au rire, façon Dany Boon, pourquoi pas pour autant qu'il ne soit pas de la moquerie et que cela amène le patient à pouvoir rire de lui-même.
(*) Bande annonce officielle du film " Supercondriaque " :