La FIV avec trois parents bientôt autorisée aux États-Unis ?
Alors que la Grande-Bretagne vient de lancer une consultation publique sur un projet de réglementation autorisant les traitements de fertilité à trois parents pour les couples porteurs d'une maladie mitochondriale, la Food and Drug administration (FDA), l'autorité sanitaire américaine, a entendu un comité consultatif d'experts lui faire part de ses recommandations concernant cette technique très controversée de fécondation in vitro. La FDA doit prochainement se prononcer sur la possibilité de légaliser ou non cette pratique aux États-Unis.
Cette technologie consiste à retirer de l'ovule de la mère la mitochondrie, c'est à dire le générateur d'énergie des cellules, qui est défectueuse pour la remplacer par une mitochondrie saine provenant d'une autre femme. Après avoir été fécondé par le sperme du père en laboratoire, l'ovule est implanté dans l'utérus de la mère et la grossesse peut alors se dérouler normalement.
L'embryon ainsi créé possède donc l'ADN chromosomique de ses 2 parents (99% de son patrimoine génétique), mais les mitochondries saines d'une tierce personne, l'ADN mitochondrial ne représentant qu'une infime fraction (1 %) du patrimoine génétique d'un individu.
La transmission des maladies mitochondriales par la mère pourrait ainsi être évitée. Il s'agit de pathologies graves et variées : problèmes cardiaques, dysfonctionnement au niveau du foie, troubles neurologiques, cécité ou encore dystrophie musculaire.
Raison pour laquelle, Shoukhrat Mitalipov, l'inventeur de la procédure consistant à combiner l'ADN de trois personnes, et ses collaborateurs à l'Université des sciences et de la santé de l'Oregon, ont demandé d'être auditionnés par la FDA. Ayant réussi à faire naître cinq singes en parfaite santé grâce à leur procédé, ils souhaitent désormais obtenir des autorisations pour entamer des essais cliniques chez des humains.
Toutefois, la technique de la FIV avec trois parents se heurte à des questions éthiques qui ont poussé de nombreux pays et le Conseil de l'Europe à l'interdire. Ses détracteurs craignent en effet que cette méthode aille trop loin dans la manipulation génétique du vivant et redoutent des dérives eugéniques.