Elections médicales : Lemye répond à Berg
Roland Lemye, le président de l'Absym compare, dans un courrier à paraître dans le Jdm, Nicolas Berg, président du MoDeS, à Saint-Nicolas. Il le taxe de naïveté voire de trahison. La campagne électorale médicale est bel et bien lancée.
" Nicolas Berg vient de présenter dans le Journal du médecin (NDLR : lire notre dernière édition) le 'MoDeS nouveau' qui va tout changer. Comment ? Par un dialogue plus aimable, plus respectueux, plus gentil avec les mutuelles. L'Absym, voilà l'ennemie accusée de tous les maux, de conservatisme et même, horreur suprême, de ne penser qu'à défendre le "beefsteak" des médecins. Que penseront les médecins d'un syndicat qui veut tout changer et qui ne se propose pas de défendre avant tout leur 'beefsteak' (...)? "
C'est avec ces mots très durs que Roland Lemye exprime son étonnement dans un courrier à paraître dans le Jdm suite à l'entretien que le Dr Nicolas Berg nous avait accordé la semaine passée.
Et d'écrire la liste noire des actions de la ministre de tutelle selon lui au détriment des médecins : " Assainissement de la sécurité sociale - sept milliards en deux ans ; interdiction des suppléments d'honoraires (chambre à 2 lits); TP social obligatoire pour les patients Omnio et étendu par la suite aux malades chroniques (850.000 euros); réforme de la cardiologie mettant en péril les soins cardiaques (dont la tentative de supprimer le remboursement de l'ECG à l'hôpital). "
Le président de l'Absym mentionne d'autres mesures qui nuiraient aux médecins comme la volonté d'exclure les psychiatres de la psychothérapie et la volonté de faire appel à des "case managers" pour les malades chroniques, " accaparant ainsi une fonction du médecin généraliste " sans oublier " la concrétisation de la volonté des mutuelles de contrôler toute la tarification des médecins aux patients ".
Lemye s'enorgueillit d'avoir pu écarter la menace d'une loi qui voulait modifier d'autorité le contrat des médecins hospitaliers.
En outre, Lemye trouve les mutuelles de plus en plus " arrogantes ". " Le système d'accord profite autant aux engagés (obtention de meilleurs accords) qu'à ceux qui ne le sont pas et qui profitent de leur liberté. Les mutuelles veulent supprimer cette liberté et détricotent tout ce qui reposait sur cet équilibre délicat. "
Fort de ces constatations, Lemye ne croit pas à la stratégie du MoDeS qu'il qualifie de " naïve ". " M. Berg croit que des discussions aimables et gentilles peuvent être plus productives que des positions fermes et déterminées, accompagnées d'actions (mobilisation, recours au Conseil d'Etat ou à la Cour constitutionnelle, pressions sur l'accord) que le Cartel, pour sa part, a toujours refusées. "
Si le corps médical votait pour Nicolas Berg, cela reviendrait pour le Cartel " à se ranger encore plus du côté des autorités ". Pour le président de l'Absym, " les 'béni-oui-oui' obtiennent parfois certaines choses, [mais] ce n'est souvent [qu'au] prix de leur trahison ".
Conclusion : " Le corps médical jugera s'il lui faut une défense syndicale forte qui tient tête à ses adversaires mais qui s'engage pour la qualité des soins, la protection du patient et la défense de tous les médecins ou s'il préfère faire confiance à des gens qui déclarent à l'avance qu'ils vont être 'gentils'. "