DMLA: pour un étalement différent des injections
Le système de remboursement des thérapies contre la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), particulièrement sa variante "humide", semble inadapté à de nombreux patients, en tout cas après la troisième année de traitement à base de Lucentis pour lequel Novartis et Roche subissent actuellement les foudres des autorités italiennes de régulation. La demande des patients porte sur un étalement différent des 18 injections remboursées, sans coût supplémentaire pour l'assurance-maladie.
La DMLA constitue la principale cause de la perte de vue chez les plus de 60 ans dans les pays développés. Des milliers de patients sont concernés en Belgique. Les malades utilisent le plus souvent un traitement particulièrement coûteux (environ 1.000 euros par injection) à base de Lucentis. Il est remboursé à raison de maximum huit injections par oeil la première année, six par oeil la deuxième année et quatre par oeil la troisième année. Le remboursement cesse à partir de la quatrième année.
L'étalement des injections serait inadapté, selon certains ophtalmologues : plusieurs injections inutiles endéans les trois ans pourraient être postposées à partir de la quatrième année, sans surcoût pour l'assurance maladie.
Cette problématique a fait l'objet d'un échange de questions réponses entre la sénatrice MR Dominique Tilmans et la ministre Onkelinx qui ne va pas dans le sens de ce qu'exigent certains malades et qui restent donc en rade (lire le dossier dans le Jdm de vendredi).
Entre-temps, on a appris mercredi que l'autorité italienne de la concurrence avait infligé une amende de plus de 180 millions d'euros à Roche et Novartis. Les deux laboratoires sont accusés d'avoir signé une entente illicite pour freiner la mise sur le marché de l'Avastin, beaucoup moins cher que le Lucentis (80 euros au lieu de 900) et, semble-t-il, tout aussi efficace dans le traitement de la DMLA. Cette entente aurait coûté 45 millions à l'assurance maladie italienne en 2012.
Novartis a affirmé "rejeté les accusations de comportement anticoncurrentiel", et annoncé son intention de faire appel. Dans un communiqué, la compagnie indique que les facteurs limitant l'utilisation d'Avastin en Italie "n'avaient rien à voir avec Novartis".