Données de santé : quel rôle pour les mutuelles ?
Le Vlaams Geneeskundigenverbond organisait récemment une journée-débat en Flandre pour ou contre la gestion électronique des données de santé par e-Health et les mutuelles. Avec pour question principale : est-il normal que les autorités paient pour la mise à disposition de ces données ? Au coeur de la problématique se trouve l'Agence intermutualiste...
Leo Neels, ancien CEO de Pharma.be, était l'invité vedette de cette matinée. Il a souligné à propos des mutuelles l'éternelle confusion des rôles entre mouvement de défense des patients, co-gestionnaire du système, co-décideur, instance de contrôle et fournisseur de soins. S'ajoute à tout cela aujourd'hui le rôle de " Big Data ".
A cet égard, ce n'est un secret pour personne que l'Agence intermutualiste (IMA) dispose de la plus grosse base de données de santé, assure Leo Neels. D'autant qu'elle centralise les données de toutes les mutuelles. Certes, elles sont anonymisées avant même d'être envoyées à l'Inami. Mais pourquoi faut-il que les autorités paient pour des données publiques étant donné le rôle social des mutuelles ? Pour Neels, cela pose question. Jürgen Constandt, directeur de la Vlaams en Neutraal Ziekenfonds confirme qu'en 2014, le budget alloué à l'IMA se monte à 1,7 million dont 1,4 million au sein des frais d'administration des mutuelles. L'Inami en supporte quelque 200.000 euros.
Jo De Cock, le patron de l'Inami, a confirmé ces montants tout en signalant que la gestion des données nécessite un encadrement et que tout se paie. Par ailleurs, 175.000 euros sont aussi budgétés pour IMS, la firme qui collecte les données pour l'industrie pharmaceutique.
Le numéro " un " de l'Inami rappelle qu'on ne peut pas gérer les soins de santé sans données fiables. Lorsqu'il est arrivé à l'Inami voici 20 ans, les budgets étaient décidés sur base des volumes de boîtes vendues précédemment. " A notre niveau marcro-économique ", précise De Cock, " nous avons besoin de données comptables mais aussi des données diagnostiques, pathologiques, etc. Grâce à l'IMA, l'Inami dispose d'un laboratoire permanent de 240.000 patients anonymes. L'OCDE a qualifié cela de 'bonne pratique [de gestion]'. "
Enfin, le problème de l'AFMPS (Agence du médicament) qui a dépensé 600.000 euros pour mettre en place ses propres données a été soulevé. Auparavant, l'Agence disposait, par le biais d'un accord avec Pharma.be, des données de cette dernière qu'elle pouvait utiliser à sa guise selon son propre 'look and feel'. Mais ceci n'est plus d'actualité et lesdites données ne seraient pas toujours très actualisées...