Sida : une thérapie génique " apprend " au corps à résister au VIH

Des chercheurs américains proposent une toute nouvelle stratégie de lutte contre le virus du sida : une thérapie génique personnalisée.
Pour un essai clinique de phase 1, le Dr Carl June et son équipe ont modifié génétiquement, en toute sûreté et efficacement, les cellules immunitaires, les lymphocytes T, de douze patients séropositifs, afin de reproduire une mutation rare du gène CCR5 qui empêche le VIH de pénétrer dans ces mêmes cellules. Cette mutation, présente seulement chez 1% de la population, confère une résistance naturelle au VIH.
L'équipe a traité les patients avec une seule perfusion d'environ 10 milliards de cellules T modifiées, entre mai 2009 et juillet 2012. Parmi ces patients, six ont cessé de prendre des antirétroviraux pendant 12 semaines.
Une semaine après la perfusion, un pic de lymphocytes T a été observé. Les niveaux ont ensuite diminué, mais de manière bien moins significative pour les lymphocytes T modifiés. Chez quatre patients, la charge virale a continué de reculer, même après l'arrêt des antirétroviraux, et y compris dans les sites connus pour être des réservoirs du virus. L'un d'eux a même connu une amélioration imprévue : la charge virale est passé sous la limite détectable. Il s'est avéré que ce participant était porteur de la mutation du CCR5 sur une paire de chromosomes.
Cette nouvelle approche, qui apparaît très prometteuse, y compris dans sa capacité à supprimer le virus, doit faire l'objet d'autres essais cliniques sur un plus grand nombre de lymphocytes T modifiés et davantage de patients.
(référence : New England Journal of Medicine, 6 mars 2014, DOI: 10.1056/NEJMoa1300662)