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Sexualité des ados : un tabou dans les cabinets des MG ?

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Une étude révèle que les généralistes américains abordent très peu les questions à caractère sexuel avec les patients adolescents. Et chez nous? Le Journal du médecin a interrogé le Pr Philippe van Meerbeeck, expert en psychiatrie de l'adolescence, et la généraliste Anne Gillet (GBO).

Luc Ruidant - 7 mars 2014

Pour Philippe van Meerbeeck, professeur émérite à la Faculté de médecine de l'Université Catholique de Louvain, le jeune, lorsqu'il se rend chez son médecin, amène une plainte psychosomatique comme prétexte ou comme entrée en matière. Mais en arrière-plan se cache toujours tout un questionnement psychique sur son devenir dans un corps en pleine mutation.

"L'ado est habité, à la limite jour et nuit, par les questions sur la sexualité. Ce qui est difficile pour lui, c'est que son corps, dans lequel sa sexualité était au départ infantile, devient apte à donner la vie. Habiter ce corps en pleine mutation fait appel à un travail psychique énorme qui suscite toutes sortes de questions troublantes et angoissantes sur l'identité sexuelle, les changements corporels, la capacité à donner la vie, le fait d'habiter un corps qui a une jouissance génitale."

Mais comment le médecin doit-il parler de la sexualité? Pour le Pr van Meerbeeck, il convient d'abord qu'il se mette en position d'écoute pour que l'ado puisse déployer ses questions. "Le médecin ne doit pas se poser tout de suite en éducateur ou en moraliste, sinon il va interrompre une réelle possibilité pour l'adolescent de se sentir vraiment respecté. Des questions du style 'As-tu des rapports sexuels ?' 'Sont-ils ou non satisfaisants ?' 'Te protèges-tu?' ont pour conséquence de faire rater la rencontre."

Le Dr Gillet déplore les difficultés de la médecine générale à aborder la sexualité avec les jeunes, mais aussi certains écueils de la prévention concernant les maladies sexuellement transmissibles. "Je n'étais pas du tout satisfaite de la campagne pour le vaccin anti-HPV. Les dépliants ne montraient que des filles, comme si elles étaient les seules concernées par cette histoire-là. Au contraire, je pense qu'il y avait là une occasion, d'une part, de parler de la sexualité avec les jeunes, garçons et filles, et d'autre part, d'impliquer les garçons car ils sont aussi les vecteurs de la maladie."

Découvrez l'intégralité de cet article dans nos éditions de ce vendredi 07/03...

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