Les anciens gestionnaires des Cliniques de l'Europe ont-ils magouillé?
Les Cliniques de l'Europe (Clinique Saint Michel à Etterbeek et Clinique Saint-Elisabeth à Uccle), risquent de se transformer bientôt en un champ de bataille juridique. La direction des hôpitaux accuse les anciens administrateurs délégués, Myriam De Bie et son conjoint Marc Van Campenhoudt, de négligences administratives. Certains parlent même de 'magouilles'. Entre-temps, des médecins empruntent la voie juridique pour retrouver des arriérés. Ils auraient introduit une plainte auprès du Conseil d'administration. L'information figure dans la dernière édition papier de notre frère jumeau Artsenkrant.
Avec 716 lits agréés et 200 lits pour l'hospitalisation de jour, les Cliniques de l'Europe sont le plus grand groupe hospitalier de la Capitale. Sur les deux sites confondus, elles emploient quelque 300 médecins et 2.000 membres de personnel.
Rentable
Différentes opérations de fusions et différents projets de construction ont été réalisés avec succès, sous l'impulsion de la directrice générale Myriam De Bie et du médecin-chef Marc Van Campenhoudt, couple à la ville, qui ont été propulsés aux commandes de l'hôpital au milieu des années '80. Les deux administrateurs délégués - fonction qu'ils ont reçue en plus en 1995 (ndlr) - sont parvenus à remettre les finances des Cliniques à flot et à en faire à nouveau des institutions vraiment rentables.
Van Campenhoudt a également été président de la RTBf et chef de cabinet du ministre bruxellois Jos Chabert. Et à plusieurs reprises, son nom a circulé comme ministrable.
Myriam De Bie s'est, quant à elle, impliquée intensément pour la collectivité. Elle a ainsi été secrétaire et est actuellement vice-présidente de la Mimi Foundation, une organisation pour l'accompagnement des patientes atteintes d'un cancer du sein dont le siège se situe à La Hulpe, mais aussi en Suisse et en France. Aujourd'hui, De Bie et Van Campenhoudt ne sont plus à la tête des Cliniques. Fin 2012, ils ont " cherché un nouveau défi ".
Facturation
En janvier 2013, une nouvelle direction a été mise en place, avec Dirk Lambrechts comme directeur général et le Dr Kalenga Ilunga comme médecin-chef. Mais entre-temps, Dirk Lambrechts ne travaille déjà plus aux Cliniques de l'Europe et le Dr Ilunga a accepté la fonction de directeur général ad interim, qu'il combine à celle de médecin-chef. Les Cliniques recherchent un nouveau directeur général.
"En effet, il y a des problèmes", affirme un ancien membre de la direction. "Les médecins rejettent la responsabilité de leurs prestations mal payées 'pour problèmes administratifs' sur les administrateurs actuels, qui à leur tour, remettent la faute sur la direction de l'époque des Cliniques de l'Europe. Cette dernière n'aurait pas bien facturé, ce qui aurait eu pour conséquence que les médecins n'auraient pas obtenu ce à quoi ils avaient droit."
Des bureaux d'avocats se penchent actuellement sur les citations en justice nécessaires et mesurent l'ampleur de la présomption de magouilles. Il n'y a toutefois pas de fumée sans feu. De Bie et Van Campenhoudt voient leur aura de 'sauveurs des Cliniques de l'Europe' se réduire en fumée et se voient aujourd'hui qualifier de 'couple diabolique'.
Selon son porte-parole, le Docteur Ilunga ne souhaite pas réagir avant la fin du mois en raison de son agenda très chargé. Mercredi, nous n'avions malheureusement pas non plus réussi à obtenir de réactions de Myriam De Bie, ni du Dr Van Campenhoudt.
Affaire à suivre donc !