La persistance des cauchemars dans l'enfance annonce des troubles psychotiques
Les cauchemars sont un phénomène courant chez les jeunes enfants et leur incidence tend à diminuer naturellement avec l'âge, mais leur répétition ainsi que les terreurs nocturnes à l'adolescence peuvent tripler le risque de troubles psychotiques.
Pour aboutir à cette conclusion, les chercheurs de l'Université de Warwick ont suivi 6.796 enfants des deux sexes jusqu'à l'âge de 12 ans. Leurs parents ont été questionnés sur la qualité du sommeil de leur enfant. A la fin de l'étude, les auteurs ont demandé aux jeunes participants s'ils vivaient des expériences psychotiques de type hallucinations, délires ou pensées paranoïaques.
Résultats : 37% des enfants faisaient des cauchemars de manière répétée pendant plusieurs années, un sur 10 en moyenne vivait des terreurs nocturnes, 47 sur 1.000 avaient vécu des troubles psychotiques, ceux qui faisaient des cauchemars répétitifs au-delà de 12 ans étaient trois fois et demie plus exposés que les autres à des troubles mentaux et ceux qui vivaient des terreurs nocturnes doublaient encore ce risque.
Les scientifiques n'expliquent pas la cause du lien entre les cauchemars et les troubles psychotiques. De nouvelles recherches s'imposent. En attendant, cette étude vient rappeler l'importance de l'hygiène du sommeil pour l'enfant. " Les enfants devraient se coucher à heures fixes, éviter de voir des films anxiogènes en soirée et ne pas regarder l'ordinateur la nuit ", rapporte le Dr Dieter Wolke, avec plein de bons sens.
(référence : Sleep, mars 2014, doi.org/10.5665/sleep.3478)