Le Prof. Collard, licencié, s'en prend à l'UCL

Remercié le 21 février dernier par la direction des cliniques universitaires Saint-Luc, le professeur Jean-Marie Collard n'en démord pas: il est la victime d'une cabale menée par des désormais ex-confrères, confiait-il dans La Libre Belgique du week-end dernier. Il va même jusqu'à mettre en cause la qualité des soins prodigués aux cliniques Saint-Luc.
Ce spécialiste mondialement reconnu dans le domaine de la chirurgie de l'oesophage et de l'estomac fait remonter le début de ses ennuis à 2007, lorsqu'une lettre signée par des assistants en chirurgie met en cause la qualité de son travail. Lavé de tout soupçon par un audit externe réalisé par des sommités médicales, le Prof. Collard voit la situation se calmer. Temporairement. En 2009, nouvelle lettre de plainte, signée cette fois par treize médecins, "dont certains que je ne connaissais pas ou peu", assure Jean-Marie Collard.
Le professeur propose alors une médiation aux autorités médicales, "en vain", dit-il. C'est là qu'auraient commencé les actes malveillants à son encontre: mails effacés, patients "détournés" vers d'autres médecins et même vol et dégradation de son matériel de chirurgie.
Après avoir tenté à plusieurs reprises de régler le problème en interne, et lassé d'avoir à systématiquement s'expliquer devant sa direction, le professeur a décidé de porter l'affaire devant le Conseil de l'Ordre et l'auditorat du travail. Une démarche qui lui aurait au final coûté son poste, dit-il aujourd'hui. "Obligé de devoir répondre aux accusations, j'ai pointé du doigt des erreurs commises par ceux qui m'accusaient", assure le chirugien. Il envisage désormais de porter plainte pour licensiement abusif.
Les Cliniques Saint-Luc n'ont pas souhaité réagir à cette affaire. Elles ont toutefois tenu à assurer de la qualité des soins prodigués dans leur institution ainsi que réitérer leur confiance dans les équipes d'anesthésistes.