Phytoestrogènes, asthme et allergie (AAAAI 2014)
Les phytoestrogènes (dans le cas qui nous occupe essentiellement les lignanes et les isoflavones) sont des composés d'origine végétale à partir desquels notre microbiome intestinal fabrique divers métabolites.
Des études prospectives ayant suggéré que la composition de notre microbiome intervenait dans la probabilité de développement d'un asthme et d'affections allergiques, une équipe américaine a utilisé les données colligées lors de 2 périodes successives de la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) pour analyser chez 7.909 sujets la relation entre taux urinaires des métabolites de phytoestrogènes et existence d'un asthme (diagnostic énoncé par un médecin), d'épisodes de wheezing (déclaration des sujets). L'impact de l'existence d'un terrain atopique (présence d'IgE dirigées contre un aéroallergène) a été analysé sur un sous-groupe de 2.218 personnes.
Ce travail dont les résultats ont été présentés lors de la session "Posters sélectionnés" met en évidence une corrélation inverse entre taux urinaires de métabolites des phytoestrogènes et probabilité d'asthme et d'allergie.
Globalement, plus les taux urinaires sont élevés, moindre est la probabilité d'asthme ou d'allergie. L'association la plus forte concerne l'entérolactone, un entérolignane résultant de l'action de la flore intestinale sur des lignanes végétaux contenus notamment dans les graines de sésame et les graines de lin.
La probabilité d'atopie est d'autant moins forte que les taux urinaires de daidzéine (métabolite des isoflavones trouvées en grande quantité dans le soja) sont plus élevés.
Les investigateurs qui, à notre connaissance, n'ont pas reçu de subsides susceptibles d'influencer leur objectivité concluent qu'une consommation accrue d'aliments riches en précurseurs de phytoestrogènes ou de probiotiques pourrait contribuer à la prévention ou au traitement de l'asthme et des affections allergiques.
Ils avancent que les taux de phytoestrogènes pourraient servir de marqueur d'un bon contrôle de l'asthme.
Et afin de pouvoir supprimer le conditionnel, ils suggèrent que d'autres études viennent étayer la leur. A suivre.