Toutes les hypothèses sont les bienvenues (AAAAI 2014)
Selon le concept United Airways, la rhinite allergique et l'asthme seraient à considérer comme des expressions phénotypiques d'un même syndrome allergique respiratoire chronique. Fort bien, mais...
... alors comment expliquer les résultats surprenants mis à jour grâce à l'analyse d'une cohorte de plus de 200.000 sujets dont 109.000 atteints de rhinite allergique et 93.000 d'asthme, chacun d'entre eux ayant été apparié à un sujet témoin de même sexe, de même âge et de même race qui n'avait aucune de ces deux affections?
L'analyse a porté sur les taux d'incidence des accidents cardiovasculaires, des accidents cérébrovasculaires et de la mortalité globale sur une période allant de 1995 à 2012.
Elle révèle que les asthmatiques n'ont pas de risque accru d'accidents cérébrovasculaires ni de décès, en revanche ils ont un risque d'accidents cardiaques (infarctus majoritairement) qui est 30 à 40% plus élevé que celui des témoins. Ce résultat-là n'est guère surprenant puisque d'autres études ont déjà souligné le risque cardiovasculaire accru des asthmatiques. Beaucoup plus surprenantes sont les données concernant les sujets atteints de rhinite allergique.
En effet, dans les résultats présentés, ces sujets apparaissent comme protégés puisque l'incidence des événements étudiés est systématiquement et significativement plus basse que chez les témoins :
? risque relatif d'infarctus du myocarde 0,75 (IC 95% 0,71 - 0,80)
? risque relatif d'atteinte cérébrovasculaire 0,81 (IC 95% 0,77 - 0,84)
? risque relatif de décès toute cause 0,51 (IC 95% 0,49 - 0,53).
La première réaction, très largement entendue dans les couloirs à l'issue de la présentation, est de considérer que finalement éternuer, avoir les yeux qui pleurent, le nez bouché mais qui coule n'est finalement pas une si mauvaise chose, mais aucune hypothèse pathogénique ne vient étayer cette opinion.
En revanche, en envisageant les résultats dans l'autre sens, l'idée qui vient à l'esprit est que ce n'est probablement pas le terrain atopique qui est responsable du risque cardiovasculaire accru des asthmatiques. A creuser.