Les risques de l'insulinothérapie
Une équipe américaine a fait une estimation du nombre annuel de visites aux urgences et d'hospitalisations pour des problèmes liés à l'insuline à partir de données concernant les effets indésirables enregistrés chez des diabétiques sous insulinothérapie vus aux urgences entre 2007 et 2011 et à partir d'une enquête nationale sur l'utilisation de l'insuline.
Sur base des 8100 cas documentés d'effets indésirables médicamenteux, les investigateurs estiment que chaque année les problèmes liés à l'insuline sont responsables de près de 100.000 visites aux urgences (IC 95% 65 à 130.000) et que cela donne lieu à une hospitalisation dans près d'un tiers des cas (IC95% 22 à 37%).
Par rapport aux sujets adultes (45 à 64 ans), la probabilité d'un recours aux urgences était multipliée par 2,5 (IC 95% 1,5 à 4,3) et la probabilité d'hospitalisations multipliée par 5 (IC95% 2,6 à 9,1) chez les sujets de 80 ans ou plus traités par insuline.
Dans pratiquement tous les cas (estimation 95,4%) la cause du recours aux urgences était une hypoglycémie et celle-ci s'accompagnait de manifestations cliniques sévères dans 60% des cas (choc, perte de conscience, crise d'épilepsie, chute ou blessure).
Dans 21% des cas, le ou les facteurs ayant conduit à la visite aux urgences ont été documentés. Dans près de la moitié des cas il s'agissait d'inadéquation entre les prises alimentaires et le schéma d'administration de l'insuline, une erreur d'insuline était en cause dans 22% des cas et une erreur de dosage dans 12% des cas.
Au vu de ces données et dans la mesure où l'impact pronostique du contrôle glycémique strict est loin d'être convaincant, l'abandon quasi systématique de l'insulinothérapie chez les sujets de plus de 80 ans non hospitalisés qui est recommandé par le signataire du commentaire de cet article semble tout à fait justifié.