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Combien d'enfants obèses sont métaboliquement sains ?

Si plusieurs définitions existent, la notion d'obésité métaboliquement saine désigne, en substance, un phénotype sans dyslipidémie, résistance à l'insuline ou hypertension. Des chercheurs canadiens ont cherché à déterminer la prévalence de ce phénomène dans la population pédiatrique.

Dr Michelle Cooreman - 11 mars 2014

Les auteurs ont mis sur pied une étude transversale chez des sujets âgés de 8 à 17 ans affichant un BMI supérieur ou égal au 85e percentile (n = 181), recrutés entre 2005 et 2010 dans un centre canadien multidisciplinaire pour la prise en charge des problèmes de poids chez les enfants.

Des données démographiques, anthropométriques, métaboliques et relatives au mode de vie ont été extraites rétrospectivement du dossier des jeunes patients. Les sujets ont été répartis en obèses métaboliquement sains et métaboliquement malsains sur la base de deux systèmes de classification indépendants, basés l'un sur la résistance à l'insuline et l'autre sur des facteurs de risque cardio-métaboliques (tension, taux sérique de lipides et glycémie).

Si l'on se base sur la résistance à l'insuline, la prévalence de l'obésité métaboliquement saine s'élève à 31,5%. Le tour de taille et la consommation de lipides apparaissent ici comme des prédicteurs indépendants, avec un OR de 0,33 (IC 95% 0,18-0,59) et 0,56 (0,31-0,95) respectivement (p=0,04).

Si l'on utilise la définition reposant sur les facteurs de risque cardio-métaboliques, une obésité métaboliquement saine est observée chez 21,5% seulement des enfants, soit 10% de moins que dans l'autre classification. Un degré d'exercice physique modéré à élevé est alors le principal prédicteur d'une obésité métaboliquement saine (OR 1,80 ; 1,24-2,62 ; p = 0,002).

Quoi qu'il en soit, ces résultats permettent de conclure que jusqu'à un tiers des enfants obèses sont métaboliquement sains. L'adiposité et le mode de vie peuvent donner une idée du statut métabolique et contribuer à définir les mesures à prendre, telles qu'une alimentation moins grasse et davantage d'exercice physique.

En Belgique, la prévalence du surpoids et de l'obésité s'élève à 13,5% chez les filles et 16,9% chez les garçons (International Obesity Taskforce, 2010), et cette proportion va en augmentant. Chez nous aussi, la combinaison d'interventions portant sur le mode de vie et d'une thérapie comportementale devrait donc être une priorité dans la prise en charge de l'obésité chez les plus jeunes.

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