Génétique et démence
Si le risque de développer une démence au cours de la vie passe de 10% dans la population globale à 20% chez les patients présentant des antécédents familiaux, certaines formes précoces sont transmises de manière autosomique dominante, ce qui porte le risque à 50%. Un intéressant article de revue publié dans le Lancet fait le point sur les aspects génétiques de la démence et leurs implications sur le plan du conseil génétique.
D'après cette revue australienne, 25% des sujets de plus de 55 ans présentent des antécédents familiaux de démence, impliquant des parents de premier degré. Fort heureusement, ils ne donnent généralement lieu qu'à un accroissement relativement modéré du risque de développer la maladie au cours de la vie.
Testing génétique, limité
Les formes 'mendéliennes' de démences - chez lesquelles la transmission d'une mutation se fait, selon un mode autosomique dominant, à 50% de la descendance et où la présence du gène muté porte le risque de développer la maladie à 95% - sont beaucoup plus rares. Ainsi, les formes 'mendéliennes' de la maladie d'Alzheimer assez exceptionnelles : environ 500 familles de ce type ont été identifiées jusqu'ici. L'intérêt du testing génétique se limite à des formes de démence peu complexes sur le plan génétique. Une telle analyse implique qu'il soit possible d'obtenir de manière très précise, l'historique familial et phénotypique de la maladie.
Nouvelles techniques
Les techniques de séquençage parallèle permettent actuellement d'analyser un nombre important de gènes. Cette approche peut s'avérer intéressante dans des formes de démence où plusieurs gènes semblent en cause, avec des phénotypes qui se superposent, comme c'est le cas des démences fronto-temporales. Pour ce qui est de la maladie d'Alzheimer où trois gènes causaux ont été identifiés (APP, PSEN1 et PSEN2), les formes les plus intéressantes à étudier sur le plan génétique sont celles à début précoce, se répercutant sur plusieurs générations, avec des tableaux phénotypiques comparables. La présence de myoclonies à un stade précoce peut également permettre d'évoquer le diagnostic. Chez les patients atteints, l'analyse génétique peut également constituer un élément de diagnostic différentiel
Les auteurs concluent que la mise en oeuvre de ces nouvelles techniques ouvre, ici aussi, la voie d'une médecine personnalisée appliquée au domaine.