Protection contre le VIH : pourquoi pas un anneau contraceptif ?
Des chercheurs américains s'apprêtent à tester sur des femmes un anneau vaginal contenant un contraceptif et un antirétroviral. Comme son nom l'indique, il se présente sous la forme d'un anneau flexible et transparent, d'un diamètre de 5 cm, à insérer au fond du vagin. Il pourrait assurer une triple protection (contraception, VIH et herpès) durant trois mois, même s'il convient de rappeler que le préservatif reste actuellement le seul moyen efficace de lutter contre les infections sexuellement transmissibles.
Cet anneau vaginal diffuse deux molécules en continu : le lévonogestrel, un progestatif utilisé pour la contraception, et le ténofovir, un antirétroviral utilisé contre le VIH et l'herpès. La proximité de l'anneau avec l'utérus et le lieu potentiel d'infection permettent d'utiliser ces molécules en doses réduites.
Chez l'animal, ce dispositif innovant a donné de bons résultats, notamment un taux d'infection par le VIH sur des moutons réduit de 54%, ce qui est aussi bien que les gels vaginaux à base de ténofovir actuellement utilisés par certaines femmes. Dans un autre essai sur le lapin, il a également permis une protection contre le virus de l'Herpès. Bien accepté, le ténofovir n'a présenté aucune toxicité mais son efficacité contre le VIH n'a pas pu être testée car le lapin n'est pas approprié pour ce type d'expérience.
Les scientifiques espèrent recevoir bientôt le feu vert pour démarrer des essais chez l'être l'humain, avec comme perspective la mise sur le marché de l'anneau dans les cinq à dix prochaines années.
(référence : PLOS ONE, 5 mars 2014, DOI: 10.1371/journal.pone.0088509)