L'Europe s'implique dans lutte contre les maladies parasitaires
La Commission européenne vient de débloquer un budget de 6 millions d'euros attribués pour une durée de trois ans au consortium international Anti-Parasatic Drug Discovery in Epigenetics (A-PARADDISE), qui réunit 10 partenaires européens, ainsi que cinq brésiliens, présents dans la région où les maladies sont endémiques et deux australiens. Objectif : tester à grande échelle des traitements innovants contre la bilharziose, la leishmaniose, la maladie de Chagas et le paludisme, quatre maladies parasitaires négligées.
Les quatre pathologies concernées ont un impact désastreux sur les populations des pays en voie de développement, principalement en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud et dans l'Est de l'Asie, dans les zones tropicales et subtropicales. Environ un milliard d'êtres humains y sont régulièrement exposés et près d'un million en meurent chaque année dans le monde.
Pour ce protéger des parasites incriminés, il n'y a pas encore de vaccin et les traitements actuels ont montré leurs limites, soit par leurs effets secondaires, soit par le développement de résistances. D'où le projet du consortium consistant à développer de nouveaux médicaments capables d'éliminer les parasites.
Les chercheurs vont se concentrer sur une méthode expérimentale ciblant la bilharziose et qui a fait ses preuves. Elle consiste à utiliser des enzymes de modification des histones (HME), qui sont responsables de la structure des chromosomes du parasite. Ces enzymes induisent la mort cellulaire des parasites responsables de la bilharziose.
Reste à voir si elles peuvent détruire les autres parasites. Pour ce faire, les scientifiques vont mettre au point une plate-forme unique de tests de médicaments antiparasitaires ciblant les HME, avec la perspective de mener des essais cliniques et l'espoir de sauver des milliers de vie.
(référence : communiqué de l'Inserm, 3 mars 2014)