Les myalgies augmentent le risque de maladie cardiaque
Des chercheurs de la Teesside University (Middlesbrough, Royaume-Uni) ont mis au jour un lien entre myalgies chroniques et maladies cardiaques.
En réalisant une analyse secondaire des données de 5.354 adultes de plus de 45 ans (dont 3.332 étaient âgés de 45 à 64 ans et 2.022, de plus de 65 ans) enrôlés dans l'étude Health Survey for England (2008), les investigateurs ont découvert que près de la moitié des plus de 65 ans qui souffraient de myalgies chroniques développaient tôt ou tard une maladie cardiovasculaire.
La prévalence des maladies cardiovasculaires était plus élevée chez les patients confrontés à des douleurs musculaires chroniques (p < 0,001), et ce dans les deux groupes d'âge. Parmi les sujets d'âge mûr, des cardiopathies étaient présentes chez 22,5% des sujets affligés de myalgies chroniques et 13,5% des autres. Parmi les plus de 65 ans, cette corrélation était plus marquée encore, puisque 46,8% des patients myalgiques avaient un problème cardiovasculaire (contre 28,2% des autres). La différence se maintenait après correction pour d'autres facteurs de risque cardiovasculaire (odds ratio 1,828 ; IC 95% : 1,452-2,300 ; p < 0,001).
Les chercheurs plaident donc pour que l'on fasse du traitement des myalgies chroniques une priorité de santé publique. D'après eux, cette approche pourrait même constituer une stratégie de prévention des maladies cardiovasculaires.
" Les personnes qui souffrent de douleurs musculaires chroniques ont plus de difficultés à faire suffisamment d'exercice. Elles adoptent donc un mode de vie plus sédentaire qui constitue indéniablement un facteur de risque cardiovasculaire ", précisent les auteurs de l'analyse.
Une autre explication réside dans le fait que les myalgies chroniques sont associées à une activité inflammatoire accrue dans l'organisme, ce qui peut provoquer des problèmes d'athérosclérose.
" Le phénomène résulte clairement de la combinaison de différents facteurs. Les myalgies chroniques peuvent également être une cause d'obésité (parce qu'elles limitent l'activité physique), mais aussi, au travers de leur impact fonctionnel et socio-économique, une source de stress. Or tant l'obésité que le stress sont des facteurs de risque cardiovasculaire ", rappellent les investigateurs.