Mobilisation étudiante ce vendredi après-midi: "A chacun son numéro"
Ce vendredi après-midi, près de 2.000 étudiants en médecine sont attendus dans les rues de Bruxelles. Ils se mobilisent à l'appel du Cium (Comité interuniversitaire des étudiants en médecine), qui attend des autorités qu'elles " prennent leurs responsabilités en matière de lutte contre la pénurie médicale et de planification de l'offre ". Une rencontre avec la ministre Onkelinx est prévue.
Le comité, fort du slogan " un numéro Inami pour tous les étudiants actuels, futurs diplômés médecins ", estime que, dans le cadre actuel du contingentement et du système de lissage - depuis 2009-2010, une centaine d'étudiants surnuméraires viennent grossir chaque année la cohorte des diplômés ne disposant pas d'un numéro Inami -, " les quotas de 2017 sont déjà entamés pour la FWB ". Selon les estimations du Cium, entre 6.500 et 7.500 médecins seront diplômés d'ici 2020, pour seulement 2.800 numéro Inami disponibles. Ce qui laisserait 4.000 étudiants environ sur le carreau, un étudiant sur trois recevant effectivement un numéro Inami.
Tout en envisageant la possibilité d'une planification structurelle, les responsables du Cium demandent que celle-ci soit faite en tenant compte des réalités du terrain. Une révision des quotas fixés à la fin des années '90 devra tenir compte de l'évolution de l'offre médicale, notamment des départs à la retraite et de la féminisation de la profession. Le Cium, soutenu par le VGSO (Vlaams Geneeskundig Studentenoverleg), réclame un cadastre des spécialités afin de localiser les zones de pénurie et d'orienter la planification en fonction de ces pénuries effectives. Ils souhaitent également " qu'un système de suivi et d'évaluation continue de l'activité médicale généraliste et spécialisée soit mis en place par le biais de cadastres annuels ".
Convaincus que la valorisation de la filière de médecine générale pourra contribuer à éviter la mise en place d'une médecine à deux vitesses, notamment en privilégiant l'aspect préventif de la profession, les membres du Comité plaident pour une valorisation de la première ligne, qui doit s'opérer aux niveaux facultaire et universitaire, entre autres par la mise en place de stages plus tôt dans le cursus.
Afin de faire face à la pénurie de maîtres de stage (formation MACCS), due aux actuelles cohortes surnuméraires, une pénurie qui s'accentuera lors de la diplomation de la double cohorte de 2018, le Cium se montre favorable à un assouplissement des critères recevables pour devenir maître de stage, et demande que services de stage actuels reçoivent davantage de moyens.
La manifestation part de la gare centrale à 14h. Lorsque les manifestant arriveront à la Place de la Liberté, une délégation ira en zone neutre jusqu'à la rue Ducale pour rencontrer la ministre Onkelinx. Le Cium bénéficie du soutien de la VGSO, qui a cependant déclaré, via son président Benjamin Denoiseux, ne pas vouloir entreprendre d'action avant le comité de concertation sur le contingentement, prévu le 19 mars.