Onkelinx ajuste sa politique du médicament
Vendredi, le conseil des ministres a approuvé trois arrêtés royaux concernant le médicament : procédure accélérée pour le remboursement des médicaments innovants, délivrance de certains médicaments en MR(S) via la préparation individuelle (dès 2015) et renforcement de l'accès aux soins pour les malades chroniques par l'abaissement de 100 euros du seuil faisant bénéficier du Maf (maximum à facturer).
Sur proposition de Laurette Onkelinx, le Conseil des ministres a tout d'abord marqué son accord sur un projet d'arrêté royal organisant la procédure accélérée de remboursement de médicaments innovants. Concrètement, lorsqu'un médicament innovant existe dans une pathologie non encore traitée et alors que son enregistrement auprès de l'Agence européenne des médicaments n'est pas finalisé, certains patients pourront déjà en bénéficier gratuitement dès le dossier déposé à Londres.
Jusqu'à présent, ces patients pouvaient parfois gamberger deux ans avant de bénéficier de nouvelles thérapies.
Parallèlement, " l'arrêté vise aussi à consolider des dispositions relatives au Fonds spécial de solidarité, notamment dans le cadre des soins de santé transfrontaliers et à augmenter les montants des interventions accordées dans ce cadre ", précise la ministre.
Deuxième décision approuvée par le gouvernement, c'est la prescription en unidose dans les maisons de repos (et de soins). Cette mesure se justifie selon la ministre par le fait que si seul un pourcent de la population belge (130.000 individus) vit en maison de repos, ces personnes consomment plus de quatre pourcents des dépenses de médicaments remboursés (113 millions d'euros).
Dès lors qu'un résident en maison de repos prend en moyenne huit médicaments différents par jour, la réforme adoptée ce matin poursuit deux objectifs : " rationnaliser l'usage des médicaments dans les maisons de repos et éviter les interactions indésirables entre différents traitements administrés à un même patient. "
La mesure est rendue possible par la mise en place du nouveau système de préparation de médication individuelle (" PMI " qui rassemble sous un seul conditionnement l'ensemble des médicaments que doit prendre un patient à un moment donné de la journée, dans le cadre d'un traitement chronique). " La facturation par le pharmacien ne se fera plus par boîte de médicaments mais en fonction de la consommation réelle, à la semaine ", précise le cabinet Onkelinx. " Cela ne concerne que les médicaments remboursés et qui sont sous forme orale et solide, elle ne concerne donc pas les sirops par exemple. Le prix du médicament, l'honoraire du pharmacien ainsi que le ticket modérateur seront ainsi calculés pour chaque comprimé et regroupés pour une semaine (ou un mois dans la facture au patient). "
La ministre espère dix millions d'économies. " En effet, les traitements chroniques sont généralement livrés en conditionnements de grande taille pour des traitements durant jusqu'à trois mois. Or il se peut que le patient décède bien avant qu'une boîte de médicaments soit intégralement consommée, ce qui engendre souvent un gaspillage inutile. "
La réforme entrera en vigueur le 1er janvier 2015 étant donné que MyCarenet devra être opérationnel à cette date.
Enfin, la ministre Onkelinx a l'intention de renforcer l'accès aux soins pour les malades chroniques ce vraisemblablement après les critiques émises dans la presse sur ce sujet.
Onkelinx se propose d'abaisser de 100 euros le plafond du maximum à facturer applicable aux ménages dont l'un des membres bénéficie du statut " malades chroniques ".
" Très concrètement, pour une famille à faibles revenus, le montant total des dépenses annuelles à charge finale du ménage passera de 450? à 350? si l'un de ses membres est reconnu comme malade chronique, soit une diminution de plus de 20% de la facture de santé du ménage ", se réjouit la ministre.
Le coût de cette mesure est évalué à 12,5 millions d'euros et concerner 500.000 patients supplémentaires. A terme, d'autres avantages seront automatiquement liés à ce statut : ce sera notamment la cas du tiers payant obligatoire dès 2015.