Des chercheurs suisses décochent une flèche moléculaire contre le paludisme
Une équipe de l'Université de Genève a découvert le talon d'Achille du Plasmodium falciparum, responsable de la forme la plus sévère et la plus résistante du paludisme. Ce parasite est particulièrement pernicieux car il est équipé pour développer des résistances aux traitements.
Le Pr Didier Picard et ses collaborateurs ont porté leurs regards sur la protéine de choc thermique HSP90, qui joue un rôle central dans la survie et la résistance du microbe dans l'organisme humain. Son action s'assimile à un chaperon qui assiste les autres protéines parasitaires. Inhiber HSP90 pourrait donc être une solution pour bloquer l'action du parasite.
Toutefois, la protéine chaperonne possède une version humaine qui intervient dans la maturation des globules rouges. Le challenge est donc de déterminer un inhibiteur spécifique à la version parasitaire de HSP90 qui n'affecterait pas sa forme humaine.
A l'aide d'outils informatiques ultra sophistiqués permettant de modéliser la configuration tridimensionnelle de l'HSP90 parasitaire, les chercheurs suisses sont parvenus à identifier un type de molécules candidates toxiques pour le pathogène, mais pas pour les globules rouges humains infectés. Ces molécules, récemment brevetées, font partie d'un groupe de composés apparentés aux 7-azaindoles. La prochaine étape sera de les peaufiner pour pouvoir effectuer les tests cliniques et confirmer le bien fondé de cette nouvelle approche.
(référence : Journal of Medicinal Chemistry, 3 mars 2014, DOI: 10.1021/jm401801t)