La notion du bon vivant ventripotent en bonne santé a la vie dure, pourtant...
..., pourtant une étude présentée lors du congrès annuel de la Société Francophone de Diabétologie, Paris 10 - 14 mars montre que les obèses métaboliquement sains sont probablement une vue de l'esprit.
L'étude a concerné 1.159 sujets (943 femmes) sans anomalies glucidiques connues, qui avaient été hospitalisés pour une prise en charge de leur obésité (IMC moyen 38,4 ± 6,3).
Tous les sujets avaient un tour de taille élevé et ils ont été séparés en deux groupes selon la présence ou l'absence des autres manifestations qui définissent le syndrome métabolique selon la fédération internationale du diabète (pression artérielle ? 130/85 mm Hg ou traitement antihypertenseur ; triglycérides ? 150 mg/dl ou traitement par fibrate ; cholestérol HDL inférieur à la normale selon le sexe (femme 40 mg/dl, hommes 50 mg/dl) ; traitement par statine ; glycémie à jeun > 100 mg/dl). Les sujets considérés comme métaboliquement sains ne devaient présenter aucune de ces manifestations.
Au total 202 sujets correspondaient à ce profil métaboliquement sains soit 17,4% de la population globale de l'étude. Il s'agissait en général de sujets plus jeunes et dont l'IMC et le tour de taille étaient moindres que les sujets présentant les manifestations classiques du syndrome métabolique.
Ces résultats a priori plutôt rassurants sont cependant très largement tempérés par les autres données révélées par ce travail qui a recherché la présence d'autres anomalies potentiellement délétères.
Ainsi chez ces sujets obèses prétendument métaboliquement sains il a été relevé des anomalies de l'épreuve d'hyperglycémie provoquée par voie orale dans 13,9% des cas, une augmentation de la rigidité artérielle dans 11,7% des cas , une stéatise héâtique dans 11,5% des cas, une microalbuminurie dans 9% des cas et un cholestérol-LDL ? 190 mg/dl dans 4% des cas.
Dans la mesure où ces anomalies sont toutes susceptibles d'être corrigées par une prise en charge adéquate, il est sans doute utile de s'en préoccuper avant que les sujets n'atteignent le stade d'obésité "non métaboliquement saine".
en direct du congrès annuel de la Société Francophone du Diabète
d'après E Cosson et al. Poster 267