De l'ADN poubelle au secours des globules rouges
Des chercheurs français, anglais et néerlandais sont parvenus à élucider les mécanismes moléculaires expliquant comment des séquences d'ADN non codant, autrefois appelé " ADN poubelle ", diminuent la sévérité de deux maladies des globules rouges : la bêta thalassémie et la drépanocytose.
Il y a plus de 10 ans, des variants génétiques liés à la production d'hémoglobine foetale chez l'adulte avaient été découvert sans que l'on puisse expliquer leur mode d'action. En effet, ces variants ne sont pas localisés sur les chromosomes qui contiennent les gènes produisant l'hémoglobine, mais se trouvent dans un " désert génétique " non codant du chromosome 6q23, à des dizaines de milliers de paires de bases des gènes les plus proches.
A partir de prélèvements effectués chez des patients thalassémiques, en combinant l'utilisation de techniques d'analyse de repliement des chromosomes à des analyses d'ADN à haut débit, les chercheurs ont montré que les variants, dans un contexte normal, interagissent physiquement avec le gène MYB, distant de plus de 80.000 paires de bases.
Or, chez les patients atteints de bêta-thalassémie ou de drépanocytose, ces variants accèdent plus difficilement au gène MYB et l'activent moins efficacement. Cette baisse d'expression du gène MYB conduit à une réactivation des globines foetales saines permettant de reconstituer une hémoglobine fonctionnelle.
Ainsi, le gène MYB représente une nouvelle cible thérapeutique majeure pour le traitement des maladies des globules rouges.
(référence : The Journal of Clinical Investigation, 10 mars 2014, doi:10.1172/JCI71520)