Surveillance active, biopsies et risque d'infections
D'après une étude publiée dans the Journal of Urology, le risque d'infections s'accroît avec le nombre de biopsies réalisées au cours d'une surveillance active d'un cancer de la prostate.
En Europe - et, avec un peu de retard, aux Etats-Unis également - la surveillance active est recommandée pour le suivi des patients présentant un cancer de la prostate à faible risque. Cette stratégie s'accompagne généralement d'une répétition de biopsies transrectales multiples à l'aiguille guidées par échographie, selon les techniques classiques prélevant 14 échantillons.
Une étude d'envergure moyenne
L'étude américaine dont il est question ici a inclus un total de 591 patients consécutifs - dont 403 avec un diagnostic de cancer de la prostate - ayant subi une telle biopsie. L'objectif de l'étude était d'évaluer les complications infectieuses liées à ces interventions (définies comme des hospitalisations pour infections, des hémocultures ou cultures d'urine positives ou de une fièvre >38°C). Parmi les patients inclus, 3.5% (14 patients) ont présenté des complications infectieuses ayant, pour la plupart, nécessité une hospitalisation. Les organismes les plus fréquemment identifiés étaient des germes résistants aux fluorquinolones et produisant des bêta-lactamases. A noter que dans la plupart des cas une antibiothérapie prophylactique de 24h avait été instaurée et que les cultures d'urine n'étaient positives que chez 5 patients.
Le risque augmente avec le nombre
Comme facteur de risque d'infection l'étude pointe du doigt le nombre de biopsies préalables (risque de 15%, si 5 biopsies préalables ou plus), tandis qu'aucune corrélation n'est mise en évidence avec d'autres facteurs de risque comme le diabète, l'hypertrophie bénigne de la prostate ou le régime d'antibiotiques éventuellement choisi lors de biopsies préalables.
Informer, avant tout
La principale conclusion de l'étude est sans doute qu'il faut informer le patient du risque d'infection. Une analyse sur un plus grand nombre de patients pourrait sans doute donner davantage d'informations utiles sur le plan prophylactique.