Boire pendant la grossesse ? Pas même un seul verre...
Faut-il prescrire une abstinence totale d'alcool pendant la grossesse ? Outre-Manche, le débat est très animé. Une étude britannique récente laissait entendre qu'une consommation limitée d'alcool par la maman enceinte n'était pas si préjudiciable que cela pour le bébé.
Cette étude a été vertement critiquée car elle va à l'encontre de tous les messages de santé publique, qui recommandent de ne pas boire d'alcool pendant la grossesse. Abstinence totale prône d'ailleurs une nouvelle recherche menée à l'Université de Leeds et soutenue par l'Agence de sécurité britannique, la Food Standards Agency.
Les scientifiques ont suivi 1.303 femmes enceintes, âgées de 18 à 45 ans qui ont renseigné leur consommation d'alcool sur la base de questionnaires. La fréquence et le type d'alcool consommé ont permis de calculer les unités consommées par semaine. Les issues et éventuelles complications de la grossesse ont été obtenues à partir des dossiers maternels hospitaliers.
Le résultat est sans appel : même en très faible quantité, la consommation d'alcool durant la grossesse est associée à un poids de naissance plus faible pour le bébé, un retard de croissance foetale, des complications lors de l'accouchement et un risque de prématurité. Le premier trimestre apparait comme la principale période de vulnérabilité.
(référence: Journal of Epidemiology and Community Health, 10 mars 2014, doi:10.1136/jech-2013-202934)