Le manque de sommeil détruirait irrémédiablement certains neurones
Fatigue, mémoire défaillante, risque accru d'AVC et de diabète,... on sait que les nuits trop courtes comportent de multiples dangers. Mais une nouvelle étude des universités de Pennsylvanie et de Pékin montre qu'une privation de sommeil chronique pourrait être plus sérieuse que ce que l'on pouvait croire jusqu'alors, et pourrait même conduire à une destruction irréversible de neurones.
Le Dr Sigrid Veasey et ses collègues ont utilisé des souris comme cobayes. Les rongeurs ont subi un rythme d'éveil-sommeil semblable à celui de travailleurs de nuit, c'est-à-dire quatre à cinq heures de sommeil sur 24 heures, pendant trois jours. Résultat : une perte moyenne de 25% de neurones locus coeruleus, essentiels pour la vigilance et la cognition. Leur disparition accélèrerait par exemple le développement de maladies comme Alzheimer ou Parkinson.
L'altération des capacités cognitives due au manque de sommeil n'est certes pas une nouveauté. En revanche, le côté " irréversible ", oui. Cela signifie qu'il est vain de vouloir rattraper le sommeil perdu.
Toutefois, les auteurs de l'étude restent prudents. Sachant que leur expérience s'est limitée aux animaux, ils disent vouloir mener des recherches supplémentaires avec des humains. Ils envisagent d'analyser des cerveaux d'anciens travailleurs de nuit décédés pour y déceler d'éventuelles pertes de neurones ou des signes d'Alzheimer ou de Parkinson.
(référence : The Journal of Neuroscience, 19 mars 2014, doi: 10.1523/JNEUROSCI.5025-12.2014)