Lancement officiel de Recip-e, MyCareNet et eHealthBox pour moins de paperasserie médicale

Recip-e, MyCareNet et l'eHealthBox, trois nouveaux outils informatiques destinés à diminuer la paperasserie dans le domaine médical et à sécuriser et accélérer l'échange de données, ont été présentés jeudi à la presse. Ils entrent dans le "plan d'informatisation du secteur des soins de santé 2013-2018", centré dans un premier temps sur les MG. Déjà partiellement implantés dans la profession, ces nouveaux outils seront intégrés dès aujourd'hui dans les packs logiciels médicaux dont environ 70% des généralistes font usage.
"Un pharmacien téléphone environ 5 fois par jour au médecin pour des ordonnances illisibles", précise la ministre de la Santé publique Laurette Onkelinx. Un inconvénient des documents papier que le secteur des soins de santé espère voir disparaître grâce à une généralisation du système Recip-e. Il s'agit d'une transmission informatisée et cryptée des prescriptions, limitée dans un premier temps aux échanges de prescriptions médicamenteuses entre médecin et pharmacien. Dans un second temps, le programme devrait également pouvoir être utilisé pour les demandes de radiographies, d'analyses de laboratoire ou de prestations de spécialistes.
Le système est présenté comme étant plus sûr quant à d'éventuelles fraudes et falsifications, le serveur Recip-e ne conservant la prescription sous forme cryptée que temporairement. Elle est effacée au moment de la délivrance du médicament concerné. Si la lisibilité, la sécurité et la possibilité de vérifier l'assurabilité via le logiciel sont listées parmi les avantages de Recip-e, le patient recevra encore un papier en main, du moins dans une première phase. Ce papier imprimé comportera un code-barre supplémentaire par rapport aux prescriptions "classiques", que le pharmacien ou le prestataire de soins scannera pour accéder à la version électronique remplie par le médecin à l'aide des informations du système. En s'identifiant en ligne avec sa carte d'identité, le patient pourra par ailleurs consulter la liste des prescriptions en cours le concernant.
MyCareNet est un logiciel permettant au généraliste de consulter l'assurabilité d'un patient (quelle mutuelle, quelle catégorie de remboursement?, etc.) et de demander "online" l'accord de remboursement du médecin conseil pour les médicaments "Chapitre IV", qui nécessitent un tel accord préalable. Contrairement aux échanges actuels de documents entre médecin, patient, mutuelle et pharmacien, qui prennent en moyenne 3 semaines de temps, MyCareNet permettrait d'obtenir une "réponse immédiate" du médecin conseil "dans près de 70% des cas". En cours de consultation, le généraliste peut donc vérifier que son patient a bien droit au remboursement d'un soin qu'il compte lui prescrire. Ces demandes d'accord de remboursement pour des médicaments Chapitre IV sont au nombre d'environ 1,4 million par an en Belgique.
Le pharmacien chez qui le patient se rend pour obtenir son médicament peut ensuite vérifier dans le système que l'accord du médecin conseil a bien été délivré. Au départ, le système papier sera toutefois conservé pour les médicaments qui nécessitent une signature du pharmacien attestant de leur délivrance. Plus tard, le pharmacien devrait être en mesure de s'identifier informatiquement pour signaler la délivrance virtuellement.
L'eHealthBox, finalement, consiste en une sorte de boîte mail permettant aux différents prestataires d'échanger des informations (comme les résultats de laboratoire) à l'aide d'une double clé de cryptage censée protéger les données envoyées. Ce service est déjà opérationnel dans sa version basique depuis avril 2013, et plus de 4.100 généralistes l'utilisent actuellement via la plate-forme générale eHealth. "L'objectif est qu'à terme l'utilisation de l'eHealthBox soit étendue aux infirmiers, kinés, ou même au secteur du bien-être", indique Frank Robben, de la plate-forme eHealth. Le principal avantage de cet outil est la transmission sécurisée de documents informatisés pouvant être immédiatement intégrés au dossier médical virtuel tenu par le généraliste.
La fonction publique a déjà trouvé en eHealth une application adaptée à ses besoins, le système étant utilisé par Medex pour la réception et l'enregistrement des certificats d'incapacité de travail des fonctionnaires.
Si, selon Laurette Onkelinx, il n'est actuellement pas question de rendre obligatoire pour la profession médicale l'utilisation de ces trois nouveaux outils informatiques, les autorités comptent sur une généralisation naturelle et progressive de leur utilisation.