Tabagisme actif, passif et allergie
Le responsable de cette newsletter est un fervent partisan d'un monde sans fumeurs et ne rate jamais une occasion de dénoncer les méfaits du tabagisme actif et passif. Cela ne l'empêche pas pour autant de garder la tête froide et donc de rendre compte de données qui ne sont pas forcément aussi convaincantes qu'il le souhaiterait.
L'analyse de 196 études d'observation ayant examiné l'association entre l'exposition à la fumée et l'existence d'une rhinite allergique, d'une dermatite atopique ou d'une allergie alimentaire révèle l'absence d'association entre rhinite allergique et tabagisme actif et que l'association avec le tabagisme passif est très peu importante (risque relatif augmenté de 10% par rapport aux personnes non exposées). La dermatite atopique est associée à la fois au tabagisme actif et passif, mais ici encore le risque relatif est relativement modeste, respectivement + 21% et + 7%.
Les associations concernant la rhinite sont plus nettes pour les enfants et les adolescents, risque relatif augmenté de 40% pour le tabagisme actif et de 9% pour le tabagisme passif. Les augmentations respectives des risques relatifs pour la dermatite atopique sont de 36% et 6%. Le risque d'augmentation d'allergie alimentaire avec le tabagisme est limité à un seul type d'études et mérite d'être mieux élucidé.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les liens entre tabagisme actif ou passif et affections allergiques autres que l'asthme ne sont donc pas aussi forts que l'on pensait. L'association est extrêmement faible chez les adultes et elle est modeste chez les enfants et les adolescents.
Les investigateurs eux-mêmes soulignent cependant les biais possibles de leur travail, en particulier une mauvaise évaluation de l'exposition et le caractère auto-déclaratif des affections allergiques. Par calcul, les investigateurs avancent que dans les pays où le tabagisme est très prévalent, environ un cas sur 7 à 8 de rhinite allergique ou de dermatite atopique pourrait être attribué au tabagisme actif des enfants et adolescents.
Souhaitons que même a priori peu alarmants, ces chiffres contribuent à empêcher la première bouffée et au recyclage des cendriers.