Des tests de grossesse en vente dans les supermarchés français. Grogne des pharmaciens !
En France, les tests de grossesse et d'ovulation ont désormais leur place dans les supermarchés aux côtés du dentifrice, des shampoings, et autres produits d'hygiène. La loi Hamon sur la consommation autorisant leur vente dans les rayons libre-service des grandes et moyennes surfaces, et non plus seulement en pharmacie, a en effet été publiée au Journal officiel.
Message reçu cinq sur cinq par le groupe Leclerc qui a saisi l'opportunité en annonçant la mise en vente dans ses magasins, comme dans ses parapharmacies, d'un test de grossesse au prix dérisoire d'un euro, le moins cher du marché, alors qu'en officines, le montant des petits bâtonnets est d'environ sept euros et qu'il peut grimper jusqu'à 15 à 20 euros pour les plus sophistiqués.
" Ces tests présentent toutes les garanties de fiabilité ", a déclaré le PDG du groupe Michel-Edouard Leclerc sur son blog. " Le gouvernement a fait un grand pas dans le combat pour la démocratisation des produits de santé ", se réjouit le trublion de la distribution, qui milite depuis des années pour avoir le droit de vendre des médicaments sans ordonnance.
De Carrefour à Auchan en passant par Monoprix et Système U, les grands concurrents de Leclerc comptent tous s'engouffrer dans la brèche et proposer des produits similaires dans les semaines à venir, parfois avec des promotions spécifiques.
Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, ne cache pas sa satisfaction. Il s'agit, selon elle, d'" une avancée pour la santé publique ". Autres arguments présentés : une baisse des prix probable et un accès plus aisé.
Mais cette évolution ne fait pas que des heureux. Les pharmaciens s'y opposent. Ils dénoncent un " mauvais service rendu aux femmes ".
" L'information sur l'emballage et la notice ne saurait remplacer le conseil personnalisé dont une femme a besoin à un moment de doute ", estimait l'Académie nationale de Pharmacie dans un communiqué diffusé en février dernier, " surtout quand il s'agit de très jeunes femmes en désarroi ou de femmes en situation précaire. Or les tests de grossesse comportent des risques de mésusage et de mauvaises interprétations... "