Une forme rare et grave d'arthrite juvénile à présent à l'étude sur des souris
L'arthrite juvénile systémique peut désormais être étudiée sur des souris. Le rôle de certaines protéines peut à présent être mieux évalué, ce qui présage de nouvelles perspectives thérapeutiques. C'est ce qui ressort d'une étude du Laboratoire d'immunobiologie de l'Institut Rega de la KU Leuven en collaboration avec l'UZ Leuven.
En cas d'arthrite juvénile systémique, une forme rare et grave d'arthrite chez l'enfant, les symptômes ne se limitent pas à une inflammation des articulations, laquelle n'est souvent visible qu'à un stade déjà avancé. " D'abord, des cellules immunitaires bien déterminées attaquent l'organisme même. Les enfants présentent de fortes fièvres, leur rate et leurs ganglions lymphatiques gonflent, leur foie et leurs reins peuvent être perturbés et ils présentent des valeurs sanguines anormales. Il semble que le mécanisme de défense se déclenche et ne puisse plus s'arrêter. L'inflammation des articulations n'est souvent visible que bien plus tard, ce qui explique que l'arthrite juvénile est parfois dépistée tardivement. " Telle est l'analyse d'Anneleen Avau qui réalise un doctorat sur la maladie, sous la direction de l'immunologue Patrick Matthys (KU Leuven) et de la rhumatologue pédiatrique Carine Wouters (UZ Leuven).
Jusqu'à présent, il n'existait aucun modèle permettant de simuler la maladie, ce qui la rendait donc difficile à étudier. Ainsi, l'étude louvaniste apporte aujourd'hui certains éclaircissements : " Les cellules immunitaires utilisent des cytokines comme messagers. Certaines cytokines stimulent une inflammation, d'autres la freinent. Chez des souris ne possédant pas le gène qui permet de fabriquer la cytokine interféron-gamma (IFN-gamma), nous avons injecté un adjuvant, plus précisément, l'adjuvant complet de Freund, qui contient des mycobactéries mortes. Sans IFN-gamma, le système immunitaire reste actif un long moment et les souris développent des symptômes de l'arthrite juvénile systémique. On sait de la cytokine IFN-gamma qu'elle a un effet pro-inflammatoire : dans ce modèle, elle a donc un rôle de protection contre les maladies. "
" Nous avons également découvert que les souris malades produisaient des cytokines plus importantes, dont l'interleukine-17 (IL-17). Après le blocage de cette cytokine, les souris étaient beaucoup moins malades ", concluent les chercheurs.
Cette étude est particulièrement importante dans le cadre de la poursuite des recherches sur cette forme d'arthrite juvénile et offre de nouvelles perspectives thérapeutiques. De plus, le modèle animal peut être utilisé pour mieux comprendre le mode d'apparition de cette maladie infantile grave.