Glucosamine plus limonade ou limonade seule ?
Le design de l'étude a de quoi faire sourire mais ses résultats surprennent en démontrant que le chlorydrate de glucosamine n'a finalement pas d'effet sur l'évolution des lésions structurelles dans l'arthrose du genou. Est-ce vraiment un scoop ? Le point sur cette étude qui alimente un peu plus le débat sur l'importance de la forme chimique, chlorydrate ou sulfate ?
Beaucoup de données ont été publiées sur le rôle que pouvait jouer les anti-arthrosiques symptomatiques à action lente dans la prise en charge de l'arthrose. Dans cette affection qui implique le cartilage, la membrane synoviale et l'os sous-chondral, des résultats en demi teinte ont été obtenus. En particulier pour la glucosamine, on relève un effet bénéfique modeste sur la symptomatologie et un effet de réduction de l'aggravation de l'arthrose. Mais la plupart des études publiées sont controversées à des degrés divers. Pour prevue, cette publication du BMJ (1) au titre évocateur,... "Large review finds no clinically important effect of glucosamine or chondroitin on pain in people with osteoarthritis of the knee or hip but results are questionable and likely due to heterogeneity". La controverse tourne notamment autour de la forme chimique de la glucosamine. Certains experts estiment que la forme sulfate est supérieure au chlorydrate.
Glucosamine ou limonade ?
Cette nouvelle étude versus placebo (2) a inclus 201 patients présentant des douleurs légères à modérées dans un ou deux genoux (score de douleur WOMAC > 25 et <100). Deux tiers des patients ont un score de Kellgren-Lawrence stade 2 (ostéophyte net sans modification de l'interligne articulaire) ou plus dans au moins un genou sur base de la radiographie. Les participants ont été traités 24 semaines par chlorydrate de glucosamine (CG) 1.500 mg/j dissoute dans de la limonade versus la limonade seule. Le critère principal est l'évolution des lésions structurelles mesurée par IRM 3T. Le OR dans le groupe sous glucosamine est de 0,93 (CI95% 0,52-1,66). Comparé au groupe contrôle, on n'observe pas d'effet protecteur du cartilage ou de diminution des douleurs arthrosiques. Cette étude court terme démontre l'absence de bénéfice structurel du CG chez des patients avec des douleurs chroniques du genou. Les auteurs se disent surpris. Ils attirent toutefois l'attention sur le fait que le traitement est de courte durée et que la forme chimique utilisée doit être prise en compte avant de conclure.